eDEN FANZINE HOUSE

Entre 1992 et 1996, eDEN était un fanzine et un collectif de ravers et de fans de musique électronique, dont le noyau dur était composé de Michaël Amzalag, Christophe Vix et moi-même, Christophe Monier (à l’époque je signais Widowsky). Nous défendions une house et une techno métissées et uplifting, contre les tendances héroïnomanes et dépressives de certaines soirées de l’époque.

Le fanzine lui-même était publié au format A6, rentrant facilement dans les poches. Il était vendu à la criée dans les raves et les clubs qui nous acceptaient (notamment au Rex Club lors des soirées Wake Up Paris organisées par Laurent Garnier et Éric Morand). Il était aussi disponible dans certains magasins de disques et sur abonnement. Sept numéros (dont un nº double) paraîtront, entre mai 92 et mai 94. De nombreux acteurs connus et reconnus de la musique ou du journalisme ont écrit dans eDEN ; citons David Blot, Vincent Borel, Jerry Bouthier, Alan Braxe, DJ Deep, D’Julz, Laurent Garnier, Didier Lestrade, Sven Love, Benjamin Morando, Loïc Prigent ou encore Patrick Vidal.

En fouinant dans ce mini-site vous trouverez tous les textes parus dans eDEN ou presque, ainsi que certains passages coupés faute de place. Vous verrez les couvs du fanzine et des flyers de soirées organisées par le collectif. Vous entendrez les messages radio qui annonçaient les nouveaux numéros.

Enfin vous trouverez l’intégralité du numéro 8 hypothétiquement accompagné d’une compilation visionnaire qui ne vit jamais le jour. Démarré en 1994, ce projet ambitieux pour un fanzine se voulait un point final en forme d’apothéose à notre aventure : un état des lieux de la scène house française naissante, pas encore baptisée French touch, sous forme d’un numéro avec des interviews d’artistes, accompagné d’un CD compilant un de leurs morceaux inédit (ou une version inédite d’un de leurs morceaux). On avait eu du flair et les premiers grands noms de la French touch étaient là : Daft Punk, Motorbass, Dimitri From Paris, Érik Rug, etc.

La compilation était masterisée dès 1994. Mais nos carrières respectives se développant, le reste traînait et le fanzine lui-même ne sera bouclé que deux ans après. Entretemps le buzz French touch avait sévèrement grossi et notre distributeur était devenu gourmand. Il voulait transformer en sortie standard et rémunératrice ce qui ne devait être qu’une opération de promotion de la scène locale, vendue à prix coûtant (artistes et labels nous avaient donné les morceaux gratuitement). Finalement le projet avorta et ni le numéro ni le CD l’accompagnant ne seront fabriqués.

« Naissance d’une nation » par Christophe Vix pour le magazine Technikart, samedi 1er avril 2000 :

« En pleine giboulée de mars 92, S. avait déboulé à l’hôpital après une descente chimique trop dark. Christophe Monier et Christophe Vix se disent qu’à défaut de refaire le monde, on peut au moins en parler. De quoi ? Des drogues qui font du bien et du mal, des raves, de la house et du style de vie dont on rêve tous les jours. D’où l’idée du journal et du nom, prémices de notre paradis artificiel. En plein déni techno (cf. les “nazis” de Dechavanne, NRJ interdisant les disques avec les mots “ecstasy”…), un collectif indépendant se constitue avec les copines scotchées anglaises, des musiciens isolés, des étudiants hédonistes, des militants des BPM et des gays libérés. Michaël Amzalag, ex-D.A. des Inrocks, donne forme à eDEN. Comme on le vend dans les fêtes, il doit entrer dans la poche ! Le collectif eDEN met tout dans le sac : critiques envers les organisateurs, témoignages sur l’ecstasy, actu musicale, potins, appel au boycott des techno-opportunistes, comment chill-outer et s’habiller… Et aussi dire que la house est black, américaine et vient des boîtes homos. On parle anglais, français mais jamais franglais et on refuse d’écrire DJ au pluriel avec un s apostrophe… On s’auto-critique.

Un peu maoïstes, anarcho-technos, jouisseurs, ex-alternatifs, fashions et apprenti chimistes, les membres d’eDEN se retrouvent sur les mêmes dance floors et sont ensemble pour gueuler. Bref, on a dit tout ce qu’on voulait entre mai 92 et mai 94. eDEN a voulu donné une tribune libre à la scène house/techno (on ne disait pas électronique) naissante en France et la mettre en perspective : les scènes étrangères, les autres disciplines artistiques, le rapport Paris/province, hétéros/gays, etc. Une trentaine de passionnés sont passés par eDEN, musiciens, journalistes inconnus et reconnus, amateurs éclairés ou futurs stars des platines. En 1993, une pub dans eDEN de Fnac Music Dance Division annonçait déjà : “We give a French touch to house”. On connaît la suite. »

eDEN1 Mai/juin 92
eDEN2 Août/septembre 92
eDEN3-4 Novembre/décembre 92
eDEN5 Mars/avril 93 (extraits)
eDEN6 Juillet/août 93
eDEN7 Avril/mai 94
eDEN8 Automne 96 (inédit)

eDEN ARTWORK
eDEN FÊTES
eDEN RADIO

eDEN IN eNGLISH

2 Responses to “eDEN FANZINE HOUSE”

  1. Clémence Says:

    Hello, savez vous si on peut encore trouver ce magazine quelque part ?! Merci pour votre aide !

    Like


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