Archive for the 'eDEN' Category

French Waves : Discotique, eDEN & The Micronauts

07/03/2017

(English below)

Le site French Waves conçu par Julian Starke et Guillaume de la Boulaye raconte une histoire de la musique électronique française et de la French touch, de 1989 jusqu’à aujourd’hui. Il cite certains des projets auxquels je participais, Discotique (mon groupe avec Patrick Vidal sur Rave Age Records), eDEN et The Micronauts :

JANVIER 1989 – MANU CASANA ET LES RAVES

« À l’image de l’Angleterre, la scène se développe également en dehors des clubs. Pionnières parmi les pionnières, on retrouve les soirées B.A.M. dès 1989 sur la péniche Marcounet près du Pont de Puteaux. Derrière cette organisation se trouve un certain Manu Casana, alors chanteur dans le groupe punk Sherwood Pogo et supporter ultra du PSG. C’est lors d’un séjour à Londres en 1987 qu’il participe, un peu à reculons, à sa première rave. Mais l’effet conjugué d’une nouvelle musique, l’acid-house, d’une nouvelle drogue, l’ecstasy, et du principe de faire la fête dans des endroits incongrus l’amène à une véritable révélation. Il n’a ensuite de cesse de vouloir reproduire le même type d’événements en France, sur la base d’idéaux pacifistes et utopistes. Après ses premières soirées confidentielles à Puteaux il s’associe à un journaliste musical, Luc Bertagnol, pour des fêtes plus ambitieuses sous le nom de Rave Age. Les deux compères se disputent aujourd’hui la paternité de ce nom resté mythique. C’est l’époque des raves restées mythiques comme celle du Collège arménien et du Fort de Champigny. Parallèlement, Manu Casana, qui travaille également dans l’industrie du disque chez un distributeur, monte le tout premier label électronique. Toujours un peu punk dans l’âme, il détourne le logo de la Fraction Armée Rouge pour créer celui de Rave Age Records. Il y publie des artistes internationaux avec qui il a tissé des liens comme Frankie Bones et son frère Adam X. Mais aussi, et surtout, des Français tels Patrick Vidal, Christophe Monier, Electrotête, Juantrip ou encore le duo Pills. Le label tracera sa route jusqu’en 1993, sans rencontrer un immense succès, mais la pierre angulaire de la scène hexagonale est désormais posée. »

JANVIER 1992 – LE PREMIER FANZINE

« Un premier fanzine consacré à la house, la techno et les raves sort. Non pas dans les kiosques, mais vendu à la criée dans les raves et les clubs, ainsi que chez les disquaires spécialisés. Très attaché aux valeurs utopistes véhiculées par le mouvement dans cette période fondatrice, il voit dans ces soirées et ces musiques nouvelles une sorte de petit paradis. D’où son nom : Eden. On retrouve derrière cette publication le musicien Christophe Monier – The Micronauts – l’activiste Christophe Vix-Gras et le graphiste Michaël Amzalag. Ce dernier apporte une esthétique très soignée à ce fanzine de petit format – A6, qui tient dans une poche de jean – ce qui sera l’une des clés de son succès. Tous les rédacteurs sont bénévoles et on retrouve parmi eux aussi bien des journalistes confirmés comme Vincent Borel, David Blot ou Didier Lestrade que des artistes qui s’essaient à la plume. Pêle-mêle : DJ Deep, Sven Løve, Alan Braxe ou encore D’Julz. C’est aussi là que Loïc Prigent, qui deviendra un journaliste de mode reconnu, écrit ses premiers textes. Une véritable dream team qui fera vivre le fanzine deux années durant avec une fréquence de parution très aléatoire. Sept numéros seront publiés, traitant aussi bien des sorties de disques que de reportages en soirées, de critiques acerbes sur certains acteurs ou de tribunes enflammées. La question de la drogue y est abordée sans tabou ni angélisme. De nombreux DJs y publient aussi leur playlist. Notons enfin que le film Eden de Mia Hansen-Løve, sorti en 2014, et retraçant le parcours désenchanté de son frère, le DJ Sven Løve, prend son titre dans celui de ce fanzine resté culte. »

eDEN1 couv, graphisme M/M (Paris), 1992

The website French Waves designed by Julian Starke and Guillaume de la Boulaye tells a story of French electronic music and the French touch, from 1989 until today. It cites some of the projects I was involved in, Discotique (my band with Patrick Vidal on Rave Age Records), eDEN and The Micronauts:

JANUARY 1989 – MANU CASANA AND RAVES

“As was the case in England, the scene developed outside of the club as well. The B.A.M collective blazed the trail as early as 1989 with the parties it organized on the Marcounet barge near Pont des Puteaux bridge. Three friends including Manu Casana, a singer in the punk group Sherwood Pogo and a diehard fan of the Paris Saint-Germain Football Club, spearheaded the effort. It was during a visit to London in 1987 that he participated, somewhat reluctantly, in his first rave. However, the combined effect of a new type of music, acid house; a new drug, ecstasy; and the concept of hosting parties in unexpected places was a revelation for him. He then sought to reproduce the same kind of experience in France, where he wanted to organize events based on pacifistic and utopian ideals. After his first under-the- radar parties at Puteaux, he joined forces with a music journalist for the French magazine L’Express, Luc Bertagnol, to put on more ambitious events under the name of Rave Age. These two former friends are now in an ongoing feud, each one claiming they have originated the name. What followed was a series of raves that remains legendary to this day, including parties at the Collège Arménien and the Fort de Champigny military base. At the same time, Manu Casana, who was also involved in the record industry through his job with a distributor, started the very first electronic music label. In a nod to his punk roots, he borrowed from Fraction Armée Rouge’s logo when designing one for Rave Age Records. The label featured international artists with whom Casana had developed a relationship, including Frankie Bones and his brother, Adam X. Importantly, the label also worked with French artists like Patrick Vidal, Christophe Monier, Electrotête, Juantrip, and the Pills duo. Though the label continued to operate until 1993 without ever truly making it big, the stage had officially been set for the electronic music scene in France.”

JANUARY 1992 – THE FIRST FANZINE

“The first fanzine about house, techno, and raves was published in May. Instead of being sold at newsstands, the magazine was hawked at raves, clubs, and specialized record stores. The publication was very committed to the utopian values promoted by the movement during this foundational period. Entitled Eden, it considered raves and the new sounds being played there to be a sort of miniature heaven. The magazine was published by the musician Christophe Monier (The Micronauts), activist Christophe Vix-Gras, and graphic artist Michaël Amzalag. This last contributor brought an especially sleek design to this pocket-sized fanzine that proved to be a key factor in its success. All of its writers worked on a voluntary basis, including experienced journalists such as Vincent Borel, David Blot, and Didier Lestrade as well as artists who decided to try their hand at writing such as DJ Deep, Sven Løve, Alan Braxe, and D’Julz. It was also where Loïc Prigent, who would go on to become a famous fashion journalist, wrote his first articles. This dream team ran the fanzine for two years, publishing seven issues at irregular intervals. The articles discussed record releases and raves and included biting critiques of specific figures as well as enthusiastic editorials. The issue of drug use was examined openly but not idealized. A number of DJs also publish their playlists in the magazine. Mia Hansen-Løve’s 2014 film Eden examines the career of her disillusioned brother, the DJ Sven Løve, and is named after the fanzine, which remains a cult classic.”

Saint-André des Arts : R.A.R. – Appelons ça Rave Age, cette musique va faire des ravages

26/03/2016

Une rencontre sur le thème de Rave Age Records, premier label techno français, aura lieu samedi 26 mars 2016 à 14h45, à la suite de la projection à 13h du documentaire « Ex-Taz – Citizen Ca$h (1987-1994) » au Saint-André des Arts (30 rue Saint-André-des-Arts, 75006 Paris).

Outre la réalisatrice, Xanaé Bove, seront présents le fondateur du label, Manu Casana, et les coresponsables de sa première référence, Patrick Vidal et moi-même. Le maxi en question, Discotique « Sexe », figure par ailleurs sur la bande son du film.

Voici l’évènement Facebook (Facebook event).

Tsugi : L’Ancien fanzine eDEN a ressorti une compil’ rare de 1994

21/03/2016

Suite des reposts de la compil inédite de 1994 qui devait accompagner le 8e et dernier numéro du fanzine eDEN, jamais paru. On y retrouve certains de mes groupes ou projets : The Micronauts, Impulsion, Discotique et Nature.
« L’Ancien fanzine eDEN a ressorti une compil’ rare de 1994 » par Clémence Meunier pour Tsugi, mercredi 16 mars 2016 :

Le nom doit dire quelque chose à tout ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la French Touch (et/ou ceux qui ont vu « Eden » de Mia Hansen-Løve) : eDEN fut un fanzine ainsi qu’un collectif de ravers et fans de musique électronique. Édité pendant seulement deux ans (de 1992 à 1994) et sept numéros, le mini-mag en format A6 – pour mieux se glisser dans les poches – a pourtant marqué son époque : les gus d’eDEN ont été parmi les premiers à parler de la nouvelle scène française de l’époque, la French Touch. Un huitième numéro, jamais imprimé, était pourtant prévu. Il devait être accompagné d’une compilation. Côté tracklist, Michaël Amzalag (le directeur artistique), Christophe “Widowsky” Monier et Christophe Vix (les fondateurs) ont eu le nez fin : une bonne partie des artistes présents sur la compilation ont ensuite explosé au sein du mouvement French Touch, à l’image de Daft Punk ou Motorbass.

Dans le cadre d’une série de trois articles consacrés à des fanzines musicaux ayant marqué leur époque, Le Daily (magazine en ligne de la Red Bull Music Academy) revient sur l’histoire d’eDEN… Et en profite pour ressortir cette fameuse compilation inédite. Attention, archive précieuse :

Tracklist :

01 MOTORBASS “HERBALIFE (EDIT POUR EDEN)”
02 RIVIERA SPLASH “I LOVE PARIS (PORT ROYAL MIX)”
03 IMPULSION “I LIKE MUSIQ (EDEN TAKE)”
04 THE MICRONAUTS “GET FUNKY GET DOWN (EDEN TAKE)”
05 DAFT PUNK “ALIVE (EDEN FULL LENGTH EDIT)”
06 PATRICK VIDAL Présente DISCOTIQUE “VIDA… LIFE!”
07 THE LOVE TRIBE “LE VENT DES DOUZE ÉTOILES”
08 DIGITAL KINKI “WHATEVER YOU FEEL (EDEN MIX)”
09 ÉRIK RUG Presents THE WAXGROOVE ANTHEM “KEEP YOU IN MY HEART (EDEN MIX)”
10 NATURE “AWAY (ULTIME)”
11 DIMITRI Presents LA FRENCH TOUCH Featuring C-LINE “PAUSE DE L’AMOUR”

Voir cet article sur son site d’origine

Greenroom : Une compilation inédite de 1994 réunit Daft Punk, Erik Rug et Motorbass

20/03/2016

Suite des reposts de la compil inédite de 1994 qui devait accompagner le 8e et dernier numéro du fanzine eDEN, jamais paru. On y retrouve certains de mes groupes ou projets : The Micronauts, Impulsion, Discotique et Nature.
« Une compilation inédite de 1994 réunit Daft Punk, Erik Rug et Motorbass » par Kerill Mc Closkey pour Greenroom, 16 mars 2016 :

C’est un fanzine dédié à la musique électronique qui avait eu ce sacré nez… La compil vient de ressortir des archives.

Entre 1992 et 1994, eDEN fut pour un temps le journal de la scène house et rave française. Entre chroniques de fêtes et papiers sur cette culture bourgeonnante qui amènera plus tard l’éclosion de la French Touch, le fanzine observait et célébrait le monde de la nuit des années 90.

Dans un article pour RBMA, les fondateurs et le directeur artistique de l’éphémère journal sont revenus sur l’histoire d’eDEN. Ils en ont également partagé les archives, dont une inédite et sacrément précieuse : une compilation de 1994 réunissant des futurs cracks de la house française comme Daft Punk, Dimitri For Paris, Motorbass, Patrick Vidal ou The Micronauts… Les archives d’eDEN sont disponibles sur ce lien. Quant à la playlist visionnaire, elle est en écoute ci dessous :

Tracklist complète :

Riviera Splash, « I Love Paris (Port Royal Mix) »
Impulsion, « I Like Musiq (eDEN Take) »
The Micronauts, « Get Funky Get Down (eDEN Take) »
Daft Punk, « Alive (eDEN Full Lenght Edit) »
Patrick Vidal présente Discotique, « Vida…Life ! »
The Love Tribe, « Le vent des douze étoiles »
Digital Kinki, « Whatever You Feel (eDEN Mix) »
Érik Rug présente The Waxgroove Anthem, « Keep You In My Heart (eDEN Mix) »
Nature, « Away (Ultime) »
Dimitri présente La French Touch Ft. C-Line, « Pause de l’amour »

Le fameux French Flair.

Voir cet article sur son site d’origine

Nova Planet : Une rare compilation de house française

19/03/2016

Suite à l’article sur le fanzine eDEN paru lundi dernier dans le Daily de la Red Bull Music Academy et repris le lendemain par Les Inrocks, d’autres sites, notamment celui de Radio Nova, ont reposté la compil inédite de 1994 qui devait accompagner le 8e et dernier numéro du fanzine, jamais paru. On y retrouve certains de mes groupes ou projets : The Micronauts, Impulsion, Discotique et Nature.
« Une rare compilation de house française » par Sophie Marchand pour Nova Planet, 16 mars 2016 :

Le site de la RBMA nous parle de fanzine d’une autre époque.

Le site de la Red Bull Music Academy a décidé de consacrer une série d’articles à l’art du fanzine, ces magazines constitués par des mélomanes suffisamment curieux et renseignés pour décrire toute une époque musicale. En replongeant dans les archives en ligne d’eDEN, un fanzine créé notamment par Christophe Monier, le journaliste Antoine Carbonnaux nous raconte donc l’histoire croisée de ces pages de papier glacé et les prémices d’un mouvement musical qui allait être la French touch, adaptation de la house à la française. Car cette série d’articles consacrés au fanzine (celui-ci étant le premier d’une trilogie) est autant un hommage à ces magazines qu’à l’époque qu’ils décrivent.

Pour replonger dans l’effervescence d’une house à la française, RBMA nous offre aussi de découvrir une compilation qui figurait de longue date sur le SoundCloud de Christophe “Widowsky” Monier. Voilà pour la bande-son qui accompagnera votre lecture de ce très bon article, mais libre à vous d’aller visiter aussi le site d’archives d’eDEN (mine d’or musicale et journalistique — et l’on ne dit pas ça parce que vous y trouvez des archives d’un certain David “Docteur House” Blot).

Tracklist :

01 MOTORBASS “HERBALIFE (EDIT POUR EDEN)” 8’14
02 RIVIERA SPLASH “I LOVE PARIS (PORT ROYAL MIX)” 8’11
03 IMPULSION “I LIKE MUSIQ (EDEN TAKE)” 7’13
04 THE MICRONAUTS “GET FUNKY GET DOWN (EDEN TAKE)” 6’59
05 DAFT PUNK “ALIVE (EDEN FULL LENGTH EDIT)” 6’10
06 PATRICK VIDAL Présente DISCOTIQUE “VIDA… LIFE!” 3’41
07 THE LOVE TRIBE “LE VENT DES DOUZE ÉTOILES” 6’00
08 DIGITAL KINKI “WHATEVER YOU FEEL (EDEN MIX)” 6’24
09 ÉRIK RUG Presents THE WAXGROOVE ANTHEM “KEEP YOU IN MY HEART (EDEN MIX)” 5’54
10 NATURE “AWAY (ULTIME)” 9’14
11 DIMITRI Presents LA FRENCH TOUCH Featuring C-LINE “PAUSE DE L’AMOUR” 7’42

Nous avions d’ailleurs reçu Christophe Vix, autre fondateur de ce magazine et vous pouvez découvrir le podcast ici.

Voir cet article sur son site d’origine

Saint-André des Arts : Ex-Taz Citizen Ca$h (1987-1994)

16/03/2016

« Ex-Taz – Citizen Ca$h (1987-1994) », le documentaire de Xanaé Bove, sort aujourd’hui en salle en exclusivité au Saint-André des Arts (30 rue Saint-André-des-Arts, 75006 Paris).

Le film se sert du parcours de Pat Ca$h, punk et organisateur de raves de la première heure, pour raconter l’explosion des fêtes sauvages à Paris au tournant des années 90.

Parmi les nombreux intervenants se trouvent notamment Christophe Vix, qui parle de notre fanzine eDEN, ou Patrick Vidal avec qui je faisais le groupe Discotique. Un de nos morceaux figure sur la bande-son, Discotique « Sexe », extrait du premier maxi jamais sorti sur Rave Age Records, label techno monté par Manu Casana et premier du genre en France.

Les projections auront lieu à 13h du 16 au 28 mars (tous les jours sauf le mardi), puis les mardis 5 et 12 avril. Elles seront suivies à 14h45 d’une rencontre avec la réalisatrice et certain des protagonistes du film. Manu, Patrick et moi-même participeront à celle du samedi 26 mars, accompagnés de deux autres artistes découverts par Rave Age Records, Ludovic Bordas de Pills et Juan Trip.

Voici l’évènement Facebook (Facebook event) des projections et celui des rencontres.

Les Inrocks : Une compilation inédite regroupe Daft Punk, Motorbass et Patrick Vidal

15/03/2016

Suite à l‘article paru hier dans le Daily de la Red Bull Music Academy, Les Inrocks repostent la compile, datant de 1994 et jusqu’alors inédite, qui devait accompagner la parution avortée du 8e et dernier numéro du fanzine eDEN. On y retrouve certains de mes groupes ou projets : The Micronauts, Impulsion, Discotique et Nature.
« Une compilation inédite regroupe Daft Punk, Motorbass et Patrick Vidal » par Xavier Ridel pour Les Inrocks, 15 mars 2016 :

Cette playlist est tirée du fanzine eDEN, qui était spécialisé dans la musique électronique des années 90.

La Red Bull Music Academy a fouillé dans ses archives et décidé de ressortir des cartons trois fanzines consacrés à la musique. Punk, hip hop et musique électronique seront ainsi abordés dans une mini-série, dont le premier “épisode” est consacré à eDEN, un magazine house au format de poche. Le contenu de chaque numéro est ainsi dévoilé ; il se verra également commenté, couverture par couverture, par ses fondateurs.

Pour l’occasion, le site a mis la main sur une playlist jusqu’alors restée secrète, et qui apparaissait dans le huitième et dernier numéro de eDEN. On peut notamment y entendre des morceaux de Daft Punk, Motorbass ou encore Patrick Vidal. Laurent Garnier, David Blot ou Vincent Borel (entre autres) s’expriment également dans les pages du fanzine. Voici la compilation :

Et sa tracklist complète :
01 Motorbass, Herbalife (Edit pour eDEN) 8’14
02 Riviera Splash, I Love Paris (Port Royal Mix) 8’11
03 Impulsion, I Like Musiq (eDEN Take) 7’13
04 The Micronauts, Get Funky Get Down (eDEN Take) 6’59
05 Daft Punk, Alive (eDEN Full Lenght Edit) 6’10
06 Patrick Vidal Présente Discotique, Vida… Life ! 3’41
07 The Love Tribe, Le Vent Des Douze Etoiles 6’00
08 Digital Kinki, Whatever You Feel (eDEN Mix) 6’24
09 Érik Rug Présente The Waxgroove Anthem, Keep You In My Heart (eDEN Mix) 5’54
10 Nature, Away (Ultime) 9’14
11 Dimitri Presente La French Touch Ft. C-Line, Pause de l’Amour 7’42

Vous pouvez retrouver l’intégralité des magazines eDEN à cette adresse.

Voir cet article sur son site d’origine et sa reprise sur le fan blog Daftworld

Red Bull Music Academy Daily : eDEN, fanzine house stylé

14/03/2016

« eDEN, fanzine house stylé », interview par Antoine Carbonnaux pour le Daily de la Red Bull Music Academy, 14 mars 2016 :

Publié au format A6 pour mieux rentrer dans les poches, eDEN était un fanzine vendu à la criée dans les raves et les clubs, chez certains magasins de disques et sur abonnement. Dans ses pages, agenda, récits de fêtes, chroniques de disques, playlists et tribunes libres se mélangeaient, célébrant la house, l’ambiance joyeuse de ses fêtes et sa scène française florissante. Animée par la passion, l’enthousiasme et l’innocence propres aux premières heures du mouvement, eDEN se faisait le porte parole d’une certaine conception de la fête, portée par des plumes aujourd’hui bien connues de la musique ou du journalisme, telles que David Blot, Didier Lestrade, Loïc Prigent ou encore Sven Løve (le quatrième film de sa sœur, Mia Hansen-Løve, emprunte son titre au fanzine). Sept numéros paraîtront, entre mai 1992 et mai 1994, avant que l’aventure ne se conclut sur un 8ème numéro jamais imprimé, accompagné d’un compilation rassemblant des artistes qui marqueront durablement les années French Touch par la suite. Ses fondateurs, Christophe “Widowsky” Monier et Christophe Vix, et son directeur artistique, Michaël Amzalag, reviennent sur l’histoire du fanzine, couverture par couverture.

— eDEN #1 : Pourquoi avoir créé eDEN ? Comment le fanzine fonctionnait-il ? D’où vient cette baseline « fanzine house stylé » ?

Christophe Vix et Christophe Monier décident de monter un fanzine en discutant dans un café en face de la Salpêtrière début 92. Ils sortent du chevet d’un ami se remettant d’une TS, conclusion d’une énième mauvaise descente provoquée par une énième rave hardcore glauque, sans joie et sans esprit. Ils savent pouvoir trouver facilement une équipe car l’idée flotte déjà dans l’air au sein de leur bande de teufeurs et fans de musique électronique. Le but du fanzine sera de rappeler la diversité, le métissage, les nuances de cette musique, l’ambiance festive et joyeuse des fêtes et des raves ailleurs en Europe, d’élever le niveau d’exigence qualitative et artistique de la scène naissante.

Outre Vix, Monier (qui signe Widowsky, alors producteur avec ses groupes Impulsion et Discotique — il formera plus tard The Micronauts) et leur ami, la rédaction se compose au début de deux étudiantes anglaises, Adelaide Dugdale et Spider, Jerry Bouthier, futur DJ bien connu, Alain Quême futur Alan Braxe, Patrick Vidal, DJ et chanteur (Marie et les garçons, Discotique, Sütra), et Thierry Pilard, disquaire à la Fnac. Jerry nous présente Michaël Amzalag, futur graphiste star au sein de l’agence M/M (Paris) qui devient notre DA et crée le style graphique novateur et reconnaissable entre tous du fanzine. D’où la baseline.

Quant au nom « eDEN », il vient de notre volonté d’idéal, de questionner le rapport mystique prétendu ou affirmé de certains musiciens, de rappeler la quête de paradis des usagers de drogues. C’est de plus un mot compréhensible dans de nombreuses langues.

— eDEN #2 : Le nom de Laurent Garnier revient souvent dans les pages d’eDEN. Que représentait-il pour vous ? Il semble qu’il était loin de faire l’unanimité partout à l’époque ?

Nous sommes fans de la première heure. Notre chauvinisme est flatté lorsque nous découvrons que nos potes anglais le connaissent et sont eux aussi fans ; de même lorsque son morceau « Acid Eiffel » sort sur Fragile, un sous-label de Transmat, le label de Derrick May.

Garnier commence en étant aux premières loges de la scène Madchester. Puis il connaît et joue pour la scène gay, au Boy le mercredi pour les soirées French Kiss, à la Luna, plus tard au Queen (il jouera à la soirée d’inauguration). Il joue aussi bien sûr dans des soirées mixtes, à la Loco et surtout au Rex avec ses fameuses soirées Wake Up Paris où nous vendons à la criée le fanzine. Nous le suivons partout.

Il est déjà l’exemple du DJ qui connaît par cœur cette culture, qui sélectionne ses disques avec exigence, qui construit des sets tout en nuances et variations, loin des autoroutes monomaniaques que nous détestons et combattons.

— eDEN #3-4 : eDEN défend la house et ne mâche pas ses mots à l’égard des raves (« c’est toujours plus agréable qu’une rave techno ») et de la scène techno (« décervelage techno des raves ») ; pourquoi tant de haine ? La scène semblait loin d’être unie à l’époque…

eDEN défend les nouvelles musiques électroniques apparues à la fin des années 80, la house à Chicago, la techno à Detroit, le garage à Newark, ainsi que leur déclinaisons européennes, sans en privilégier aucune. Ces musiques sont diverses, variées, métissées, en perpétuels renouvellement et réinvention. De même les membres d’eDEN changent sans arrêt, certains adorent la techno, même la plus hardcore, et d’autres la détestent. Surtout on adore la controverse et la provocation. Les pages du fanzine reflètent fidèlement ces contradictions.

Ainsi nous ne sommes pas seulement en contact avec la scène franco-française, et de nombreux anglais, américains, hollandais ou allemands rejoignent nos rangs. Certains d’entre nous lisent les Inrocks pour suivre les frasques de Morrissey, vont à un concert de Primal Scream à l’Élysée Montmartre puis à la rave Libération, organisée par Michel Cerdan sous l’arche de la Défense, pour écouter LFO. D’autres idéalisent la vibe smiley, love & peace des raves anglaises ou des fêtes breakbeat/progressive de San Francisco. Ça n’empêche pas eDEN d’aider les filles de BeatAttitude à organiser la salle house d’une free party des Spiral Tribe, où jouent aussi des DJs de Brixton qui nous sensibilisent aux prémices de la jungle. D’ailleurs Pascal Crabbe (qui créera le duo Jess & Crabbe), fan de jungle de la première heure, nous accompagne souvent en rave et nous aide à y vendre le fanzine.

Simplement il y a une sorte de rave labellisée « tekno », hyper glauque et dark, que nous détestons et combattons. C’est celle à l’origine de la mauvaise descente de notre pote et qui semble être alors l’unique modèle en Région Parisienne. Le public y va pour s’abrutir de drogue ; son moteur n’est plus la musique mais la défonce, souvent des mélanges hasardeux ou de l’héro, des drogues ni festives ni sociales. Les gens ne se sourient plus, ne communiquent plus entre eux. Les DJs et donc la musique sont au diapason. Générique, chiante, sans âme, sans groove, sans diversité, sans métissage, sans exigence artistique, elle ne change pas au cours de la soirée. Elle oublie nuance, variation et crescendo. C’est l’autoroute, à l’image des autoroutes minimal ou tech house qu’on connaîtra plus tard.

— eDEN #5 : Le texte « Qui rave ? » synthétise assez bien l’essence du mouvement dont eDEN se faisait l’étendard. Peut on parler d’utopie rave ? Avez-vous le sentiment d’avoir assisté à la naissance d’un des derniers courants musicaux significatifs (pour paraphraser Laurent Garnier qui disait « l’électronique reste la dernière révolution en date ») ?

Ce texte a été écrit par notre ami Michel Cerdan alias Psycho C — allez on balance. Il était alors dir’com de Libération, très engagé, et a eu besoin d’avoir un argumentaire adapté aux contraintes d’un grand média qui se risque sur un terrain alors miné. Rappelez vous que la veille de la rave à la Grande Halle de la Villette, l’Humanité fait sa une sur les nazis de la techno… On avait Charles Pasqua place Beauveau. On peut dire ce qu’on veut, il y a moins de charges de CRS en rave qu’à l’époque. Ce texte a permis à eDEN de se positionner, même si nous avons eu une existence éphémère.

— eDEN # 6 : Parmi ses plumes, eDEN pouvait compter sur Didier Lestrade, éditorialiste éternel insatisfait. Qui était-il, comment l’avez-vous connu, recruté ? eDEN était-elle une publication engagée ?

Lorsque nous démarrons eDEN, Didier Lestrade est pour nous un mythe et un exemple. À la fin des années 80, il est un des rares journalistes musicaux à parler de cette nouvelle musique (dans Libé). Qui plus est il écrit bien, avec humour, de manière passionnée et talentueuse et donne vraiment envie de découvrir les disques dont il parle. C’était une rare bouffée d’oxygène dans la presse française. Ça a été un honneur de le compter parmi nous.

Oui eDEN est une publication engagée, pour l’art et la musique comme on l’a vu plus haut, mais aussi pour la liberté spirituelle : en effet une fête réussie est comme une communion, une zone d’autonomie temporaire où les gens se resynchronisent grâce au beat ; ils réapprennent à être heureux ensemble, à se sourire, communiquer, se rencontrer, ressentir l’amour universel.

— eDEN # 7 : eDEN évoque ouvertement les drogues à travers ses pages. Était-ce un moyen de rompre avec l’hypocrisie des débats mainstream ?

Oui absolument. Nous voulions témoigner d’une approche plus censée, rationnelle et adulte du sujet. Aujourd’hui en 2015, à l’heure où l’Amérique légalise le cannabis, le niveau du débat en France reste pathétique de ringardise, de désinformation et de violence répressive (coincé par la loi du 31 décembre 1970 qui fait consensus en France, sauf auprès de EE-LV…).

— eDEN # 8 : eDEN se termine sur le constat amer d’avoir été « le témoin écrit d’une nation house balbutiante et cosmopolite [devenue] un outil de marketing utilisé massivement par les industries. » Quel était votre sentiment à l’arrêt d’eDEN ?

À la fin de l’aventure eDEN, notre sentiment est que nous avons fait ce que nous devions, en défendant la valeur artistique de cette scène d’une part, en découvrant et promouvant ses jeunes acteurs français d’autre part. Chacun d’entre nous doit désormais se consacrer à ses activités artistiques ou professionnelles. Nous avons toujours milité pour que ce mouvement devienne populaire. Il est inévitable que les marchands vont récupérer, copier en émoussant tout ce qu’ils pourront de ces nouvelles formes et expressions. C’est le lot commun à tous les genres artistiques. Ça n’empêche pas l’underground, l’avant garde et les artistes authentiques de continuer à innover, à inventer, sans forcément en cueillir les fruits financiers ni ceux de la reconnaissance médiatique. Aucune amertume car nous n’avons jamais été naïfs.

eDEN8CD LA COMPILATION HOUSE STYLÉE – 75’30” POUR DANSER : eDEN se faisait l’apôtre d’une scène française, croyant dur comme fer à son développement. Cette compilation en est-elle l’aboutissement ? De cette compilation, y a-t-il un ou des morceaux que vous retenez en particulier ? Si oui, pour quelles raisons ? Christophe, en tant que producteur, à quoi ressemblait la scène à l’époque ? Les collaborations étaient-elles fréquentes, ou chacun faisait son truc dans son coin ?

En 1994, deux ans avant les débuts de la French touch, nous réunissons sur une même compilation Daft Punk, Motorbass, Dimitri From Paris, Érik Rug, Jerry Bouthier, Patrick Vidal, Impulsion et The Micronauts, à un moment où ces artistes sont d’illustres inconnus qui nous offrent un morceau inédit de leur choix (la compilation restera dans les cartons…). Sans parler de David Blot, Vincent Borel, Alan Braxe, DJ Deep, D’Julz, Laurent Garnier, Didier Lestrade, Sven Love, Benjamin Morando et Loïc Prigent qui ont écrit dans nos pages. On peut dire qu’on a eu du nez ! Et nous en sommes fiers.

De la compil nous retenons les morceaux des Daft, de Motorbass et des Micronauts qui peut-être préfigurent le mieux le nouveau son qui arrive.

Les collaborations entre les musiciens sont fréquentes, à travers les remixes, les featuring et les groupes plus ou moins éphémères. Cela dit la musique électronique reste un terrain de prédilection pour le producteur démiurge qui crée de toutes pièces des mondes sonores, seul dans son studio.

Antoine Carbonnaux, Christophe Vix-Gras & Christophe “Widowsky” Monier, Paris, vendredi 30 octobre 2015

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Xanaé Bove – Ex-Taz

11/12/2015

« Ex-Taz » est un passionnant film documentaire de Xanaé Bove, qui raconte l’explosion des fêtes sauvages à Paris au tournant des années 90, en suivant le parcours de Pat Ca$h, punk et organisateur de raves de la première heure.

Le film mélange images d’archive et interviews, dont celle de Patrick Vidal, avec qui je faisais Discotique (notre morceau « Sexe » figure sur la bande-son), et celle de Christophe Vix, avec qui j’avais lancé le fanzine eDEN, aidé de quelques autres.

La projection en avant-première a eu lieu le 9 juillet dernier dans une des salles du Grand Rex à Paris. J’y étais !

Plus d’info sur le site du film, nouvellement créé

Ex-TAZ Visuel

exTaz-FlyerRex

M/M (Paris) – France (Pop) Culture @ Philharmonie de Paris

21/11/2015

Samedi 21 novembre 2015, 16h30-18h, amphithéâtre de la Cité de la Musique – Philharmonie 2 :

« France (Pop) Culture », conférence de M/M (Paris) donnée lors du « Week-end des Musiques à l’image », organisé par les Audi Talent Awards (section Audi Innovative Lab). Modérateur : Pascal Bertin.

Michael Amzalag et Mathias Augustyniak, alias M/M (Paris), présentent leur travail de graphisme et de direction artistique pour la musique française, de Jean-François Coen à Vanessa Paradis, en passant par Benjamin Biolay, Mathieu Boogaerts, Étienne Daho, Daniel Darc, Mirwais, Jean-Louis Murat… Parmi les travaux montrés figurent aussi les numéros du fanzine eDEN, dont Michaël, Christophe Vix et moi-même étions les initiateurs, ainsi que les pochettes réalisées pour mes groupes Impulsion et The Micronauts.

Voici l’évènement Facebook (Facebook event) et la page de la conférence sur le site de la Philharmonie.

eDEN (1992-1994) :

Celluloid – The Electro Years – Why Is It Fresh? (1998) :

The Micronauts – The Jag (1999) :

The Micronauts – Bleep To Bleep (2000) :

Impulsion (1998-1999) :