Archive for the 'eDEN' Category

Saint-André des Arts : R.A.R. – Appelons ça Rave Age, cette musique va faire des ravages

26/03/2016

Une rencontre sur le thème de Rave Age Records, premier label techno français, aura lieu samedi 26 mars 2016 à 14h45, à la suite de la projection à 13h du documentaire « Ex-Taz – Citizen Ca$h (1987-1994) » au Saint-André des Arts (30 rue Saint-André-des-Arts, 75006 Paris).

Outre la réalisatrice, Xanaé Bove, seront présents le fondateur du label, Manu Casana, et les coresponsables de sa première référence, Patrick Vidal et moi-même. Le maxi en question, Discotique « Sexe », figure par ailleurs sur la bande son du film.

Voici l’évènement Facebook (Facebook event).

Tsugi : L’Ancien fanzine eDEN a ressorti une compil’ rare de 1994

21/03/2016

Suite des reposts de la compil inédite de 1994 qui devait accompagner le 8e et dernier numéro du fanzine eDEN, jamais paru. On y retrouve certains de mes groupes ou projets : The Micronauts, Impulsion, Discotique et Nature.
« L’Ancien fanzine eDEN a ressorti une compil’ rare de 1994 » par Clémence Meunier pour Tsugi, mercredi 16 mars 2016 :

Le nom doit dire quelque chose à tout ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la French Touch (et/ou ceux qui ont vu « Eden » de Mia Hansen-Løve) : eDEN fut un fanzine ainsi qu’un collectif de ravers et fans de musique électronique. Édité pendant seulement deux ans (de 1992 à 1994) et sept numéros, le mini-mag en format A6 – pour mieux se glisser dans les poches – a pourtant marqué son époque : les gus d’eDEN ont été parmi les premiers à parler de la nouvelle scène française de l’époque, la French Touch. Un huitième numéro, jamais imprimé, était pourtant prévu. Il devait être accompagné d’une compilation. Côté tracklist, Michaël Amzalag (le directeur artistique), Christophe “Widowsky” Monier et Christophe Vix (les fondateurs) ont eu le nez fin : une bonne partie des artistes présents sur la compilation ont ensuite explosé au sein du mouvement French Touch, à l’image de Daft Punk ou Motorbass.

Dans le cadre d’une série de trois articles consacrés à des fanzines musicaux ayant marqué leur époque, Le Daily (magazine en ligne de la Red Bull Music Academy) revient sur l’histoire d’eDEN… Et en profite pour ressortir cette fameuse compilation inédite. Attention, archive précieuse :

Tracklist :

01 MOTORBASS “HERBALIFE (EDIT POUR EDEN)”
02 RIVIERA SPLASH “I LOVE PARIS (PORT ROYAL MIX)”
03 IMPULSION “I LIKE MUSIQ (EDEN TAKE)”
04 THE MICRONAUTS “GET FUNKY GET DOWN (EDEN TAKE)”
05 DAFT PUNK “ALIVE (EDEN FULL LENGTH EDIT)”
06 PATRICK VIDAL Présente DISCOTIQUE “VIDA… LIFE!”
07 THE LOVE TRIBE “LE VENT DES DOUZE ÉTOILES”
08 DIGITAL KINKI “WHATEVER YOU FEEL (EDEN MIX)”
09 ÉRIK RUG Presents THE WAXGROOVE ANTHEM “KEEP YOU IN MY HEART (EDEN MIX)”
10 NATURE “AWAY (ULTIME)”
11 DIMITRI Presents LA FRENCH TOUCH Featuring C-LINE “PAUSE DE L’AMOUR”

Voir cet article sur son site d’origine

Greenroom : Une compilation inédite de 1994 réunit Daft Punk, Erik Rug et Motorbass

20/03/2016

Suite des reposts de la compil inédite de 1994 qui devait accompagner le 8e et dernier numéro du fanzine eDEN, jamais paru. On y retrouve certains de mes groupes ou projets : The Micronauts, Impulsion, Discotique et Nature.
« Une compilation inédite de 1994 réunit Daft Punk, Erik Rug et Motorbass » par Kerill Mc Closkey pour Greenroom, 16 mars 2016 :

C’est un fanzine dédié à la musique électronique qui avait eu ce sacré nez… La compil vient de ressortir des archives.

Entre 1992 et 1994, eDEN fut pour un temps le journal de la scène house et rave française. Entre chroniques de fêtes et papiers sur cette culture bourgeonnante qui amènera plus tard l’éclosion de la French Touch, le fanzine observait et célébrait le monde de la nuit des années 90.

Dans un article pour RBMA, les fondateurs et le directeur artistique de l’éphémère journal sont revenus sur l’histoire d’eDEN. Ils en ont également partagé les archives, dont une inédite et sacrément précieuse : une compilation de 1994 réunissant des futurs cracks de la house française comme Daft Punk, Dimitri For Paris, Motorbass, Patrick Vidal ou The Micronauts… Les archives d’eDEN sont disponibles sur ce lien. Quant à la playlist visionnaire, elle est en écoute ci dessous :

Tracklist complète :

Riviera Splash, « I Love Paris (Port Royal Mix) »
Impulsion, « I Like Musiq (eDEN Take) »
The Micronauts, « Get Funky Get Down (eDEN Take) »
Daft Punk, « Alive (eDEN Full Lenght Edit) »
Patrick Vidal présente Discotique, « Vida…Life ! »
The Love Tribe, « Le vent des douze étoiles »
Digital Kinki, « Whatever You Feel (eDEN Mix) »
Érik Rug présente The Waxgroove Anthem, « Keep You In My Heart (eDEN Mix) »
Nature, « Away (Ultime) »
Dimitri présente La French Touch Ft. C-Line, « Pause de l’amour »

Le fameux French Flair.

Voir cet article sur son site d’origine

Nova Planet : Une rare compilation de house française

19/03/2016

Suite à l’article sur le fanzine eDEN paru lundi dernier dans le Daily de la Red Bull Music Academy et repris le lendemain par Les Inrocks, d’autres sites, notamment celui de Radio Nova, ont reposté la compil inédite de 1994 qui devait accompagner le 8e et dernier numéro du fanzine, jamais paru. On y retrouve certains de mes groupes ou projets : The Micronauts, Impulsion, Discotique et Nature.
« Une rare compilation de house française » par Sophie Marchand pour Nova Planet, 16 mars 2016 :

Le site de la RBMA nous parle de fanzine d’une autre époque.

Le site de la Red Bull Music Academy a décidé de consacrer une série d’articles à l’art du fanzine, ces magazines constitués par des mélomanes suffisamment curieux et renseignés pour décrire toute une époque musicale. En replongeant dans les archives en ligne d’eDEN, un fanzine créé notamment par Christophe Monier, le journaliste Antoine Carbonnaux nous raconte donc l’histoire croisée de ces pages de papier glacé et les prémices d’un mouvement musical qui allait être la French touch, adaptation de la house à la française. Car cette série d’articles consacrés au fanzine (celui-ci étant le premier d’une trilogie) est autant un hommage à ces magazines qu’à l’époque qu’ils décrivent.

Pour replonger dans l’effervescence d’une house à la française, RBMA nous offre aussi de découvrir une compilation qui figurait de longue date sur le SoundCloud de Christophe “Widowsky” Monier. Voilà pour la bande-son qui accompagnera votre lecture de ce très bon article, mais libre à vous d’aller visiter aussi le site d’archives d’eDEN (mine d’or musicale et journalistique — et l’on ne dit pas ça parce que vous y trouvez des archives d’un certain David “Docteur House” Blot).

Tracklist :

01 MOTORBASS “HERBALIFE (EDIT POUR EDEN)” 8’14
02 RIVIERA SPLASH “I LOVE PARIS (PORT ROYAL MIX)” 8’11
03 IMPULSION “I LIKE MUSIQ (EDEN TAKE)” 7’13
04 THE MICRONAUTS “GET FUNKY GET DOWN (EDEN TAKE)” 6’59
05 DAFT PUNK “ALIVE (EDEN FULL LENGTH EDIT)” 6’10
06 PATRICK VIDAL Présente DISCOTIQUE “VIDA… LIFE!” 3’41
07 THE LOVE TRIBE “LE VENT DES DOUZE ÉTOILES” 6’00
08 DIGITAL KINKI “WHATEVER YOU FEEL (EDEN MIX)” 6’24
09 ÉRIK RUG Presents THE WAXGROOVE ANTHEM “KEEP YOU IN MY HEART (EDEN MIX)” 5’54
10 NATURE “AWAY (ULTIME)” 9’14
11 DIMITRI Presents LA FRENCH TOUCH Featuring C-LINE “PAUSE DE L’AMOUR” 7’42

Nous avions d’ailleurs reçu Christophe Vix, autre fondateur de ce magazine et vous pouvez découvrir le podcast ici.

Voir cet article sur son site d’origine

Saint-André des Arts : Ex-Taz Citizen Ca$h (1987-1994)

16/03/2016

« Ex-Taz – Citizen Ca$h (1987-1994) », le documentaire de Xanaé Bove, sort aujourd’hui en salle en exclusivité au Saint-André des Arts (30 rue Saint-André-des-Arts, 75006 Paris).

Le film se sert du parcours de Pat Ca$h, punk et organisateur de raves de la première heure, pour raconter l’explosion des fêtes sauvages à Paris au tournant des années 90.

Parmi les nombreux intervenants se trouvent notamment Christophe Vix, qui parle de notre fanzine eDEN, ou Patrick Vidal avec qui je faisais le groupe Discotique. Un de nos morceaux figure sur la bande-son, Discotique « Sexe », extrait du premier maxi jamais sorti sur Rave Age Records, label techno monté par Manu Casana et premier du genre en France.

Les projections auront lieu à 13h du 16 au 28 mars (tous les jours sauf le mardi), puis les mardis 5 et 12 avril. Elles seront suivies à 14h45 d’une rencontre avec la réalisatrice et certain des protagonistes du film. Manu, Patrick et moi-même participeront à celle du samedi 26 mars, accompagnés de deux autres artistes découverts par Rave Age Records, Ludovic Bordas de Pills et Juan Trip.

Voici l’évènement Facebook (Facebook event) des projections et celui des rencontres.

Les Inrocks : Une compilation inédite regroupe Daft Punk, Motorbass et Patrick Vidal

15/03/2016

Suite à l‘article paru hier dans le Daily de la Red Bull Music Academy, Les Inrocks repostent la compile, datant de 1994 et jusqu’alors inédite, qui devait accompagner la parution avortée du 8e et dernier numéro du fanzine eDEN. On y retrouve certains de mes groupes ou projets : The Micronauts, Impulsion, Discotique et Nature.
« Une compilation inédite regroupe Daft Punk, Motorbass et Patrick Vidal » par Xavier Ridel pour Les Inrocks, 15 mars 2016 :

Cette playlist est tirée du fanzine eDEN, qui était spécialisé dans la musique électronique des années 90.

La Red Bull Music Academy a fouillé dans ses archives et décidé de ressortir des cartons trois fanzines consacrés à la musique. Punk, hip hop et musique électronique seront ainsi abordés dans une mini-série, dont le premier “épisode” est consacré à eDEN, un magazine house au format de poche. Le contenu de chaque numéro est ainsi dévoilé ; il se verra également commenté, couverture par couverture, par ses fondateurs.

Pour l’occasion, le site a mis la main sur une playlist jusqu’alors restée secrète, et qui apparaissait dans le huitième et dernier numéro de eDEN. On peut notamment y entendre des morceaux de Daft Punk, Motorbass ou encore Patrick Vidal. Laurent Garnier, David Blot ou Vincent Borel (entre autres) s’expriment également dans les pages du fanzine. Voici la compilation :

Et sa tracklist complète :
01 Motorbass, Herbalife (Edit pour eDEN) 8’14
02 Riviera Splash, I Love Paris (Port Royal Mix) 8’11
03 Impulsion, I Like Musiq (eDEN Take) 7’13
04 The Micronauts, Get Funky Get Down (eDEN Take) 6’59
05 Daft Punk, Alive (eDEN Full Lenght Edit) 6’10
06 Patrick Vidal Présente Discotique, Vida… Life ! 3’41
07 The Love Tribe, Le Vent Des Douze Etoiles 6’00
08 Digital Kinki, Whatever You Feel (eDEN Mix) 6’24
09 Érik Rug Présente The Waxgroove Anthem, Keep You In My Heart (eDEN Mix) 5’54
10 Nature, Away (Ultime) 9’14
11 Dimitri Presente La French Touch Ft. C-Line, Pause de l’Amour 7’42

Vous pouvez retrouver l’intégralité des magazines eDEN à cette adresse.

Voir cet article sur son site d’origine et sa reprise sur le fan blog Daftworld

Red Bull Music Academy Daily : eDEN, fanzine house stylé

14/03/2016

« eDEN, fanzine house stylé », interview par Antoine Carbonnaux pour le Daily de la Red Bull Music Academy, 14 mars 2016 :

Publié au format A6 pour mieux rentrer dans les poches, eDEN était un fanzine vendu à la criée dans les raves et les clubs, chez certains magasins de disques et sur abonnement. Dans ses pages, agenda, récits de fêtes, chroniques de disques, playlists et tribunes libres se mélangeaient, célébrant la house, l’ambiance joyeuse de ses fêtes et sa scène française florissante. Animée par la passion, l’enthousiasme et l’innocence propres aux premières heures du mouvement, eDEN se faisait le porte parole d’une certaine conception de la fête, portée par des plumes aujourd’hui bien connues de la musique ou du journalisme, telles que David Blot, Didier Lestrade, Loïc Prigent ou encore Sven Løve (le quatrième film de sa sœur, Mia Hansen-Løve, emprunte son titre au fanzine). Sept numéros paraîtront, entre mai 1992 et mai 1994, avant que l’aventure ne se conclut sur un 8ème numéro jamais imprimé, accompagné d’un compilation rassemblant des artistes qui marqueront durablement les années French Touch par la suite. Ses fondateurs, Christophe “Widowsky” Monier et Christophe Vix, et son directeur artistique, Michaël Amzalag, reviennent sur l’histoire du fanzine, couverture par couverture.

— eDEN #1 : Pourquoi avoir créé eDEN ? Comment le fanzine fonctionnait-il ? D’où vient cette baseline « fanzine house stylé » ?

Christophe Vix et Christophe Monier décident de monter un fanzine en discutant dans un café en face de la Salpêtrière début 92. Ils sortent du chevet d’un ami se remettant d’une TS, conclusion d’une énième mauvaise descente provoquée par une énième rave hardcore glauque, sans joie et sans esprit. Ils savent pouvoir trouver facilement une équipe car l’idée flotte déjà dans l’air au sein de leur bande de teufeurs et fans de musique électronique. Le but du fanzine sera de rappeler la diversité, le métissage, les nuances de cette musique, l’ambiance festive et joyeuse des fêtes et des raves ailleurs en Europe, d’élever le niveau d’exigence qualitative et artistique de la scène naissante.

Outre Vix, Monier (qui signe Widowsky, alors producteur avec ses groupes Impulsion et Discotique — il formera plus tard The Micronauts) et leur ami, la rédaction se compose au début de deux étudiantes anglaises, Adelaide Dugdale et Spider, Jerry Bouthier, futur DJ bien connu, Alain Quême futur Alan Braxe, Patrick Vidal, DJ et chanteur (Marie et les garçons, Discotique, Sütra), et Thierry Pilard, disquaire à la Fnac. Jerry nous présente Michaël Amzalag, futur graphiste star au sein de l’agence M/M (Paris) qui devient notre DA et crée le style graphique novateur et reconnaissable entre tous du fanzine. D’où la baseline.

Quant au nom « eDEN », il vient de notre volonté d’idéal, de questionner le rapport mystique prétendu ou affirmé de certains musiciens, de rappeler la quête de paradis des usagers de drogues. C’est de plus un mot compréhensible dans de nombreuses langues.

— eDEN #2 : Le nom de Laurent Garnier revient souvent dans les pages d’eDEN. Que représentait-il pour vous ? Il semble qu’il était loin de faire l’unanimité partout à l’époque ?

Nous sommes fans de la première heure. Notre chauvinisme est flatté lorsque nous découvrons que nos potes anglais le connaissent et sont eux aussi fans ; de même lorsque son morceau « Acid Eiffel » sort sur Fragile, un sous-label de Transmat, le label de Derrick May.

Garnier commence en étant aux premières loges de la scène Madchester. Puis il connaît et joue pour la scène gay, au Boy le mercredi pour les soirées French Kiss, à la Luna, plus tard au Queen (il jouera à la soirée d’inauguration). Il joue aussi bien sûr dans des soirées mixtes, à la Loco et surtout au Rex avec ses fameuses soirées Wake Up Paris où nous vendons à la criée le fanzine. Nous le suivons partout.

Il est déjà l’exemple du DJ qui connaît par cœur cette culture, qui sélectionne ses disques avec exigence, qui construit des sets tout en nuances et variations, loin des autoroutes monomaniaques que nous détestons et combattons.

— eDEN #3-4 : eDEN défend la house et ne mâche pas ses mots à l’égard des raves (« c’est toujours plus agréable qu’une rave techno ») et de la scène techno (« décervelage techno des raves ») ; pourquoi tant de haine ? La scène semblait loin d’être unie à l’époque…

eDEN défend les nouvelles musiques électroniques apparues à la fin des années 80, la house à Chicago, la techno à Detroit, le garage à Newark, ainsi que leur déclinaisons européennes, sans en privilégier aucune. Ces musiques sont diverses, variées, métissées, en perpétuels renouvellement et réinvention. De même les membres d’eDEN changent sans arrêt, certains adorent la techno, même la plus hardcore, et d’autres la détestent. Surtout on adore la controverse et la provocation. Les pages du fanzine reflètent fidèlement ces contradictions.

Ainsi nous ne sommes pas seulement en contact avec la scène franco-française, et de nombreux anglais, américains, hollandais ou allemands rejoignent nos rangs. Certains d’entre nous lisent les Inrocks pour suivre les frasques de Morrissey, vont à un concert de Primal Scream à l’Élysée Montmartre puis à la rave Libération, organisée par Michel Cerdan sous l’arche de la Défense, pour écouter LFO. D’autres idéalisent la vibe smiley, love & peace des raves anglaises ou des fêtes breakbeat/progressive de San Francisco. Ça n’empêche pas eDEN d’aider les filles de BeatAttitude à organiser la salle house d’une free party des Spiral Tribe, où jouent aussi des DJs de Brixton qui nous sensibilisent aux prémices de la jungle. D’ailleurs Pascal Crabbe (qui créera le duo Jess & Crabbe), fan de jungle de la première heure, nous accompagne souvent en rave et nous aide à y vendre le fanzine.

Simplement il y a une sorte de rave labellisée « tekno », hyper glauque et dark, que nous détestons et combattons. C’est celle à l’origine de la mauvaise descente de notre pote et qui semble être alors l’unique modèle en Région Parisienne. Le public y va pour s’abrutir de drogue ; son moteur n’est plus la musique mais la défonce, souvent des mélanges hasardeux ou de l’héro, des drogues ni festives ni sociales. Les gens ne se sourient plus, ne communiquent plus entre eux. Les DJs et donc la musique sont au diapason. Générique, chiante, sans âme, sans groove, sans diversité, sans métissage, sans exigence artistique, elle ne change pas au cours de la soirée. Elle oublie nuance, variation et crescendo. C’est l’autoroute, à l’image des autoroutes minimal ou tech house qu’on connaîtra plus tard.

— eDEN #5 : Le texte « Qui rave ? » synthétise assez bien l’essence du mouvement dont eDEN se faisait l’étendard. Peut on parler d’utopie rave ? Avez-vous le sentiment d’avoir assisté à la naissance d’un des derniers courants musicaux significatifs (pour paraphraser Laurent Garnier qui disait « l’électronique reste la dernière révolution en date ») ?

Ce texte a été écrit par notre ami Michel Cerdan alias Psycho C — allez on balance. Il était alors dir’com de Libération, très engagé, et a eu besoin d’avoir un argumentaire adapté aux contraintes d’un grand média qui se risque sur un terrain alors miné. Rappelez vous que la veille de la rave à la Grande Halle de la Villette, l’Humanité fait sa une sur les nazis de la techno… On avait Charles Pasqua place Beauveau. On peut dire ce qu’on veut, il y a moins de charges de CRS en rave qu’à l’époque. Ce texte a permis à eDEN de se positionner, même si nous avons eu une existence éphémère.

— eDEN # 6 : Parmi ses plumes, eDEN pouvait compter sur Didier Lestrade, éditorialiste éternel insatisfait. Qui était-il, comment l’avez-vous connu, recruté ? eDEN était-elle une publication engagée ?

Lorsque nous démarrons eDEN, Didier Lestrade est pour nous un mythe et un exemple. À la fin des années 80, il est un des rares journalistes musicaux à parler de cette nouvelle musique (dans Libé). Qui plus est il écrit bien, avec humour, de manière passionnée et talentueuse et donne vraiment envie de découvrir les disques dont il parle. C’était une rare bouffée d’oxygène dans la presse française. Ça a été un honneur de le compter parmi nous.

Oui eDEN est une publication engagée, pour l’art et la musique comme on l’a vu plus haut, mais aussi pour la liberté spirituelle : en effet une fête réussie est comme une communion, une zone d’autonomie temporaire où les gens se resynchronisent grâce au beat ; ils réapprennent à être heureux ensemble, à se sourire, communiquer, se rencontrer, ressentir l’amour universel.

— eDEN # 7 : eDEN évoque ouvertement les drogues à travers ses pages. Était-ce un moyen de rompre avec l’hypocrisie des débats mainstream ?

Oui absolument. Nous voulions témoigner d’une approche plus censée, rationnelle et adulte du sujet. Aujourd’hui en 2015, à l’heure où l’Amérique légalise le cannabis, le niveau du débat en France reste pathétique de ringardise, de désinformation et de violence répressive (coincé par la loi du 31 décembre 1970 qui fait consensus en France, sauf auprès de EE-LV…).

— eDEN # 8 : eDEN se termine sur le constat amer d’avoir été « le témoin écrit d’une nation house balbutiante et cosmopolite [devenue] un outil de marketing utilisé massivement par les industries. » Quel était votre sentiment à l’arrêt d’eDEN ?

À la fin de l’aventure eDEN, notre sentiment est que nous avons fait ce que nous devions, en défendant la valeur artistique de cette scène d’une part, en découvrant et promouvant ses jeunes acteurs français d’autre part. Chacun d’entre nous doit désormais se consacrer à ses activités artistiques ou professionnelles. Nous avons toujours milité pour que ce mouvement devienne populaire. Il est inévitable que les marchands vont récupérer, copier en émoussant tout ce qu’ils pourront de ces nouvelles formes et expressions. C’est le lot commun à tous les genres artistiques. Ça n’empêche pas l’underground, l’avant garde et les artistes authentiques de continuer à innover, à inventer, sans forcément en cueillir les fruits financiers ni ceux de la reconnaissance médiatique. Aucune amertume car nous n’avons jamais été naïfs.

eDEN8CD LA COMPILATION HOUSE STYLÉE – 75’30” POUR DANSER : eDEN se faisait l’apôtre d’une scène française, croyant dur comme fer à son développement. Cette compilation en est-elle l’aboutissement ? De cette compilation, y a-t-il un ou des morceaux que vous retenez en particulier ? Si oui, pour quelles raisons ? Christophe, en tant que producteur, à quoi ressemblait la scène à l’époque ? Les collaborations étaient-elles fréquentes, ou chacun faisait son truc dans son coin ?

En 1994, deux ans avant les débuts de la French touch, nous réunissons sur une même compilation Daft Punk, Motorbass, Dimitri From Paris, Érik Rug, Jerry Bouthier, Patrick Vidal, Impulsion et The Micronauts, à un moment où ces artistes sont d’illustres inconnus qui nous offrent un morceau inédit de leur choix (la compilation restera dans les cartons…). Sans parler de David Blot, Vincent Borel, Alan Braxe, DJ Deep, D’Julz, Laurent Garnier, Didier Lestrade, Sven Love, Benjamin Morando et Loïc Prigent qui ont écrit dans nos pages. On peut dire qu’on a eu du nez ! Et nous en sommes fiers.

De la compil nous retenons les morceaux des Daft, de Motorbass et des Micronauts qui peut-être préfigurent le mieux le nouveau son qui arrive.

Les collaborations entre les musiciens sont fréquentes, à travers les remixes, les featuring et les groupes plus ou moins éphémères. Cela dit la musique électronique reste un terrain de prédilection pour le producteur démiurge qui crée de toutes pièces des mondes sonores, seul dans son studio.

Antoine Carbonnaux, Christophe Vix-Gras & Christophe “Widowsky” Monier, Paris, vendredi 30 octobre 2015

Voir cet article sur son site d’origine

Xanaé Bove – Ex-Taz

11/12/2015

« Ex-Taz » est un passionnant film documentaire de Xanaé Bove, qui raconte l’explosion des fêtes sauvages à Paris au tournant des années 90, en suivant le parcours de Pat Ca$h, punk et organisateur de raves de la première heure.

Le film mélange images d’archive et interviews, dont celle de Patrick Vidal, avec qui je faisais Discotique (notre morceau « Sexe » figure sur la bande-son), et celle de Christophe Vix, avec qui j’avais lancé le fanzine eDEN, aidé de quelques autres.

La projection en avant-première a eu lieu le 9 juillet dernier dans une des salles du Grand Rex à Paris. J’y étais !

Plus d’info sur le site du film, nouvellement créé

Ex-TAZ Visuel

exTaz-FlyerRex

M/M (Paris) – France (Pop) Culture @ Philharmonie de Paris

21/11/2015

Samedi 21 novembre 2015, 16h30-18h, amphithéâtre de la Cité de la Musique – Philharmonie 2 :

« France (Pop) Culture », conférence de M/M (Paris) donnée lors du « Week-end des Musiques à l’image », organisé par les Audi Talent Awards (section Audi Innovative Lab). Modérateur : Pascal Bertin.

Michael Amzalag et Mathias Augustyniak, alias M/M (Paris), présentent leur travail de graphisme et de direction artistique pour la musique française, de Jean-François Coen à Vanessa Paradis, en passant par Benjamin Biolay, Mathieu Boogaerts, Étienne Daho, Daniel Darc, Mirwais, Jean-Louis Murat… Parmi les travaux montrés figurent aussi les numéros du fanzine eDEN, dont Michaël, Christophe Vix et moi-même étions les initiateurs, ainsi que les pochettes réalisées pour mes groupes Impulsion et The Micronauts.

Voici l’évènement Facebook (Facebook event) et la page de la conférence sur le site de la Philharmonie.

eDEN (1992-1994) :

Celluloid – The Electro Years – Why Is It Fresh? (1998) :

The Micronauts – The Jag (1999) :

The Micronauts – Bleep To Bleep (2000) :

Impulsion (1998-1999) :

De Rave Age à Respect : quelques flyers emblématiques

26/11/2014

La sortie du film « Eden » de Mia Hansen-Løve et la connexion avec le fanzine eDEN me donne l’occasion de ressortir quelques flyers de mes archives et de me souvenir de cette période.

Au début des années 90, la musique électronique (que le grand public appelle de manière indifférenciée « techno ») s’écoute dans les raves. Grâce à l’absence revendiquée de sélection à l’entrée, le public y est extrêmement mélangé. Jeunes, vieux, homos, hétéros, parisiens, banlieusards, drogués ou pas, toutes sortes de tribus s’y retrouvent et apprennent à faire la fête ensemble. Ce mouvement fait peur aux conservateurs de droite comme de gauche et les raves sont vite réprimées par les autorités. Même lorsqu’elles sont organisées de manière officielle en respectant les réglementations, des interdictions préfectorales tombent à la dernière minute sous divers prétextes, ruinant les organisateurs. S’ensuit un retour vers les clubs, ainsi que la redécouverte de la sélection à l’entrée, de la segmentation du public et d’une drogue passée de mode depuis 10 ans, la coke. En France, ce passage s’effectue au milieu des années 90 et correspond au début de ce qu’on appellera la French touch, avec un nouveau public plus homogène, bourgeois blanc hétéro.

Une sélection de flyers de fêtes organisées ou labellisées par le collectif eDEN entre 1992 et 1995 sont au bout de ce lien, notamment la Yes Party reconstituée pour les besoin du film (où le héros rencontre Tony Humphries) et la toute première soirée Cheers à l’Erotika.

Ci-dessous se trouvent d’autres exemples de fêtes historiques ou représentatives de cette période, auxquelles j’ai participé ou qui m’ont marqué.

Au début du film « Eden » on voit les protagonistes se rendre à une fête Rave Age. Elle symbolise les premières raves françaises organisées par Manu Casana dès 1989. Celui-ci est également le créateur de Rave Age Records, premier label techno français, dont la première référence en 1990 était le maxi « Sexe » de Discotique, le groupe que j’avais créé avec Patrick Vidal.

Rave Age au Collège Arménien, DJ Kees et DJ Freddy B, 13 avril 1990 :

Rave Age – Rave The Bass! à l’Usine Éphémère, DJs Frankie Bones, Adam X, DJ Noodles, DJ Dee, DJ David, DJ Kristian, live PA Ice Bath-Mental MXC, 29 février 1992 (illustration Le Duc) :

Beatattitude était le nom des raves organisées par Cécile Alizon et Nathalie Saphier, par ailleurs membres du collectif eDEN. La première, dont voici le pré-flyer, a lieu dans un ancien entrepôt Saint Maclou squatté en face de la gare d’Austerlitz, devenu aujourd’hui Cité de la mode et du design.

Beatattitude, 25 avril 1992 (graphisme Nathalie Saphier) :

En 1992, Jean-Louis Brossard, programmateur des Rencontres Trans Musicales de Rennes, demande à Manu Casana d’organiser une soirée purement électronique. Ça sera la première Rave Ô Trans. DJ Pascal R avec qui je fais Impulsion y joue en tant que DJ (on jouera en live aux 18e et 19e Transmusicales en 96 et 97).

Rave Ô Trans, live PAs The Orb, 808 State, Underground Resistance, Juan Trip Experience, Pills, DJs Frankie Bones, Mad Mike, Trevor Fung, DJ Lewis, DJ Pascal R, Jack de Marseille, 5 décembre 1992 (pré-flyer et flyer) :

Comme montré dans le film, la scène house parisienne émergente est toute petite, tout le monde se connaît et les Daft Punk sont là. C’est à une rave organisée par le DJ anglais Nicky Holloway à côté d’Eurodisney qu’ils rencontrent le groupe Slam, boss du label écossais Soma sur lequel ils sortiront leurs premiers maxis.

Dance Europe Weekender au Novotel de Collégien, 24 et 25 septembre 1993 :

Sven Hansen-Løve (dont le film raconte la vie) et Greg Gauthier, futurs créateurs de Cheers, ainsi que leur pote Frédéric Veidig, photographe, fêtent ensemble leurs 20 ans.

20, DJs Franck, Grégory Gauthier, Sven Love, Serge Papo, 6 novembre 1993 (illustration et graphisme Nathalie Saphier) :

Alive Party (fête de lancement du 1er maxi des Daft, « The New Wave ») au Blues du nord, DJs Daft Punk, Sven Love, Mush, 1er avril 1994 (graphisme Serge Nicolas) :

Probablement la soirée la plus privée de la French touch, la fête de lancement de Pumpking Records est organisée par les deux boss du label Médéric Nébinger et Éric “Rico” Chedeville. Médéric avait déjà sorti un maxi sur Rave Age Records. Plus tard il s’exilera à New York, sortira un album sur Twisted America et quelques maxis sur Synewave, le label de Damon Wild. Éric lui fondera avec Guy-Manuel de Homem-Christo des Daft Punk le label Crydamoure. Derrière les platines, pas moins que Guy-Man des Daft, Serge Nicolas leur graphiste attitré (et futur organisateur des soirées Paradise Massage), Sven Love, ainsi que les futurs Alan Braxe et Jess & Crabbe !

Pumpking Party, DJs Jess, Crabbe, Guy-Manuel de Homem-Christo, Serge Nicolas, Sven Love, Alain Braxe, 22 juillet 1994 :

Cheers, DJs Greg Gauthier, Sven Love, André, 13 juillet 1996 (graphisme Corentin Seguin de Broin) :

Les soirées Respect co-organisées par Fred Agostini, David Blot et Jérôme Viger-Kohler occupent une grande place dans le film « Eden ». En voici quelques-unes dont celle à La Locomotive (aujourd’hui La Machine du Moulin Rouge), où je jouais en live avec un de mes groupes, Impulsion.

Respect à La Locomotive, DJs Dimitri From Paris, Philippe Zdar, Sven Love, Black, Jef K, Ivan, Yellow, Dee-Lat, live PA Impulsion, 24 septembre 1997 :

Respect Is Burning nº 20 au Queen, DJs David Chong, Valentin et Dr. Old School, 4 mars 1998 (photo Agnès Dahan) :

Respect Is Burning nº 21 au Liquid à Miami, DJs Dimitri From Paris, Daft Punk, Mousse T, Boris Dlugosh et Ricky Morrisson, 11 mars 1998 (photo Agnès Dahan) :