De Rave Age à Respect : quelques flyers emblématiques

26/11/2014

La sortie du film « Eden » de Mia Hansen-Løve et la connexion avec le fanzine eDEN me donne l’occasion de ressortir quelques flyers de mes archives et de me souvenir de cette période.

Au début des années 90, la musique électronique (que le grand public appelle de manière indifférenciée « techno ») s’écoute dans les raves. Grâce à l’absence revendiquée de sélection à l’entrée, le public y est extrêmement mélangé. Jeunes, vieux, homos, hétéros, parisiens, banlieusards, drogués ou pas, toutes sortes de tribus s’y retrouvent et apprennent à faire la fête ensemble. Ce mouvement fait peur aux conservateurs de droite comme de gauche et les raves sont vite réprimées par les autorités. Même lorsqu’elles sont organisées de manière officielle en respectant les réglementations, des interdictions préfectorales tombent à la dernière minute sous divers prétextes, ruinant les organisateurs. S’ensuit un retour vers les clubs, ainsi que la redécouverte de la sélection à l’entrée, de la segmentation du public et d’une drogue passée de mode depuis 10 ans, la coke. En France, ce passage s’effectue au milieu des années 90 et correspond au début de ce qu’on appellera la French touch, avec un nouveau public plus homogène, bourgeois blanc hétéro.

Une sélection de flyers de fêtes organisées ou labellisées par le collectif eDEN entre 1992 et 1995 sont au bout de ce lien, notamment la Yes Party reconstituée pour les besoin du film (où le héros rencontre Tony Humphries) et la toute première soirée Cheers à l’Erotika.

Ci-dessous se trouvent d’autres exemples de fêtes historiques ou représentatives de cette période, auxquelles j’ai participé ou qui m’ont marqué.

Au début du film « Eden » on voit les protagonistes se rendre à une fête Rave Age. Elle symbolise les premières raves françaises organisées par Manu Casana dès 1989. Celui-ci est également le créateur de Rave Age Records, premier label techno français, dont la première référence en 1990 était le maxi « Sexe » de Discotique, le groupe que j’avais créé avec Patrick Vidal.

Rave Age au Collège Arménien, DJ Kees et DJ Freddy B, 13 avril 1990 :

Rave Age – Rave The Bass! à l’Usine Éphémère, DJs Frankie Bones, Adam X, DJ Noodles, DJ Dee, DJ David, DJ Kristian, live PA Ice Bath-Mental MXC, 29 février 1992 (illustration Le Duc) :

Beatattitude était le nom des raves organisées par Cécile Alizon et Nathalie Saphier, par ailleurs membres du collectif eDEN. La première, dont voici le pré-flyer, a lieu dans un ancien entrepôt Saint Maclou squatté en face de la gare d’Austerlitz, devenu aujourd’hui Cité de la mode et du design.

Beatattitude, 25 avril 1992 (graphisme Nathalie Saphier) :

En 1992, Jean-Louis Brossard, programmateur des Rencontres Trans Musicales de Rennes, demande à Manu Casana d’organiser une soirée purement électronique. Ça sera la première Rave Ô Trans. DJ Pascal R avec qui je fais Impulsion y joue en tant que DJ (on jouera en live aux 18e et 19e Transmusicales en 96 et 97).

Rave Ô Trans, live PAs The Orb, 808 State, Underground Resistance, Juan Trip Experience, Pills, DJs Frankie Bones, Mad Mike, Trevor Fung, DJ Lewis, DJ Pascal R, Jack de Marseille, 5 décembre 1992 (pré-flyer et flyer) :

Comme montré dans le film, la scène house parisienne émergente est toute petite, tout le monde se connaît et les Daft Punk sont là. C’est à une rave organisée par le DJ anglais Nicky Holloway à côté d’Eurodisney qu’ils rencontrent le groupe Slam, boss du label écossais Soma sur lequel ils sortiront leurs premiers maxis.

Dance Europe Weekender au Novotel de Collégien, 24 et 25 septembre 1993 :

Sven Hansen-Løve (dont le film raconte la vie) et Greg Gauthier, futurs créateurs de Cheers, ainsi que leur pote Frédéric Veidig, photographe, fêtent ensemble leurs 20 ans.

20, DJs Franck, Grégory Gauthier, Sven Love, Serge Papo, 6 novembre 1993 (illustration et graphisme Nathalie Saphier) :

Alive Party (fête de lancement du 1er maxi des Daft, « The New Wave ») au Blues du nord, DJs Daft Punk, Sven Love, Mush, 1er avril 1994 (graphisme Serge Nicolas) :

Probablement la soirée la plus privée de la French touch, la fête de lancement de Pumpking Records est organisée par les deux boss du label Médéric Nébinger et Éric “Rico” Chedeville. Médéric avait déjà sorti un maxi sur Rave Age Records. Plus tard il s’exilera à New York, sortira un album sur Twisted America et quelques maxis sur Synewave, le label de Damon Wild. Éric lui fondera avec Guy-Manuel de Homem-Christo des Daft Punk le label Crydamoure. Derrière les platines, pas moins que Guy-Man des Daft, Serge Nicolas leur graphiste attitré (et futur organisateur des soirées Paradise Massage), Sven Love, ainsi que les futurs Alan Braxe et Jess & Crabbe !

Pumpking Party, DJs Jess, Crabbe, Guy-Manuel de Homem-Christo, Serge Nicolas, Sven Love, Alain Braxe, 22 juillet 1994 :

Cheers, DJs Greg Gauthier, Sven Love, André, 13 juillet 1996 (graphisme Corentin Seguin de Broin) :

Les soirées Respect co-organisées par Fred Agostini, David Blot et Jérôme Viger-Kohler occupent une grande place dans le film « Eden ». En voici quelques-unes dont celle à La Locomotive (aujourd’hui La Machine du Moulin Rouge), où je jouais en live avec un de mes groupes, Impulsion.

Respect à La Locomotive, DJs Dimitri From Paris, Philippe Zdar, Sven Love, Black, Jef K, Ivan, Yellow, Dee-Lat, live PA Impulsion, 24 septembre 1997 :

Respect Is Burning nº 20 au Queen, DJs David Chong, Valentin et Dr. Old School, 4 mars 1998 (photo Agnès Dahan) :

Respect Is Burning nº 21 au Liquid à Miami, DJs Dimitri From Paris, Daft Punk, Mousse T, Boris Dlugosh et Ricky Morrisson, 11 mars 1998 (photo Agnès Dahan) :

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