Eden le film

14/11/2014

Mercredi prochain sort « Eden », un film réalisé par Mia Hansen-Løve qui raconte l’ascension et la chute d’un DJ garage, des débuts de la French touch jusqu’à aujourd’hui. L’histoire est largement inspiré de la vie de son grand frère, le DJ Sven Love, qui a coécrit le scénario. Sven est le créateur avec son ami Greg Gauthier de Cheers, duo de DJs et organisateurs de soirées.

Entre 1992 et 1996, eDEN était aussi un fanzine et un collectif de ravers et de fans de musique électronique, dont le noyau dur était composé de Christophe Vix, Michaël Amzalag et moi-même, Christophe Monier (à l’époque je signais Widowsky). Sven était rapidement rentré dans la bande, contribuant au fanzine par des chroniques de disques ou des interviews, et jouant comme DJ dans les soirées eDEN. De nombreux acteurs connus et reconnus de la scène électronique française ont écrit dans le fanzine, citons David Blot, Vincent Borel, Jerry Bouthier, Alan Braxe, DJ Deep, D’Julz, Laurent Garnier, Didier Lestrade, Benjamin Morando, Loïc Prigent ou encore Patrick Vidal.

Au début du film on voit le héros se rendre à une soirée Rave Age, y trouver un stand eDEN, discuter avec le vendeur, feuilleter et acheter un numéro, exactement comme ça a pu se passer (voir les bandes-annonces ci-dessous). Il va peu après à une soirée produite par le collectif eDEN qui a réellement existé, la Yes Party, reconstituée pour les besoins du film.

« Mia Hansen-Løve : “Le mot eden symbolise ces années” », interview par Julien Gester pour Libération Next, 30 octobre 2014 :

[…]

J’avais complètement oublié l’existence d’eDEN quand j’ai écrit le film. Je suis partie d’entretiens avec mon frère, Sven, qui me racontait ses souvenirs, quand il a commencé à sortir au début des années 90, dans les raves anglaises, puis en France quand Thatcher les a interdites en Angleterre et que le mouvement a migré ici. Le film débute au moment où les raves du fort de Champigny s’institutionnalisaient, et l’on a eu la chance de pouvoir y tourner. Sven m’a tout de suite parlé de ce fanzine créé par Christophe Vix et Christophe Monier consacré à la house, aux raves, à la techno, comme l’un des symboles de quelque chose qui commençait alors dans l’underground en France autour de ces cultures. Beaucoup de gens importants pour cette scène sont passés par ses pages, Michael Amzalag de M/M qui en faisait le graphisme, David Blot, Laurent Garnier, Didier Lestrade, et tant d’autres…

Quand Sven a commencé à mixer, il avait 18 ans, il a organisé ses premières soirées dans un club de strip-tease de Pigalle, et c’est parti tout de suite. La cruauté de son parcours tient en partie au fait que cela a décollé si vite, parce qu’il était au cœur de quelque chose qui prenait son essor au même moment. Très vite il a choisi le garage comme un son auquel il s’est identifié, et il a monté un duo, Cheers, avec Greg Gauthier, un garçon qui habitait dans notre immeuble. Eden symbolise parfaitement ces années et assez vite ce mot s’est imposé comme mon titre.

[…]

Lire la suite de cet entretien sur le site de Libération

« Sven Love raconte Eden, “notre paradis perdu” », interview par Alexis Bernier pour Tsugi, 18 février 2014 :

[…]

— Il y avait aussi eDEN, un fanzine auquel tu as participé et qui a sans doute été, avec le mensuel Coda, le premier magazine électronique.

C’était un magazine à l’esthétique très affirmée et d’un format suffisamment petit pour tenir dans une poche, réalisé à partir de 1992 par des amateurs passionnés qui avaient le sentiment d’être des pionniers. Des gens comme Christophe Vix, qui fait partie aujourd’hui de Technopol, le graphiste Michaël Amzalag de M/M, Christophe Monier des Micronauts ou Loïc Prigent, qui est devenu le célèbre journaliste de mode qu’on connaît, écrivaient aussi bien des chroniques de disque que des conseils pour vivre la fête, avec un humour incroyable et en même temps une approche très profonde. eDEN proposait une réflexion sur la dimension utopique de ces premières soirées. On avait le sentiment que ce que l’on faisait du jeudi au dimanche était plus qu’une grande fête. Cette musique révolutionnait aussi les comportements et les mentalités.

[…]

Lire l’intégralité de cet entretien sur le site de Tsugi

Lire aussi le post au sujet d’Eden sur le site de Red Bull Sudios

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