Zyva : L’interview – The Micronauts

16/04/2012

Anto m’a interviewé pour le site du magazine gratuit lyonnais Zyva, à l’occasion de mon passage à La Marquise le 29 mars dernier :

Christophe, alias The Micronauts, est l’un de ces vieux de la vieille, travailleur sous-terrain de la musique qui n’a jamais cessé de produire. Des projets plein la tête, Christophe vit par et pour la musique. Nous l’avons rencontré lors de son passage à la Marquise où il nous a livré un set incroyable : faites donc un tour sur son blog, il y poste toutes ses tracklists !

— Tu peux nous résumer ton parcours depuis les années 90 ?

Au début des années 90, c’était plus aller dans les raves, sur les pistes de danse. Après j’ai commencé à produire et ça a pris surtout en Angleterre. Et puis à un moment il a fallu que je résolve des problèmes dans ma vie tout ça et je me suis mis un peu en retrait. Ça, c’était au début des années 2000. Après j’ai lancé mon label Micronautics, un label de vinyles, ça a bien marché. Puis mon distributeur a fait faillite. Il y a Citizen Records, le label fondé par Vitalic, qui a voulu me signer à ce moment-là, donc j’ai signé sur Citizen. J’ai sorti un double album, enfin je veux dire un double CD fait d’un nouvel album et d’une compilation de remixes que j’avais faits. Des remixes à la fois des années 90 et des années 2000. Et là, maintenant, Citizen se met en stand-by et moi je relance mon label Micronautics, mais en digital seulement, avec une première sortie qui est une collaboration avec Bosco. C’est The Micronauts & Bosco « Hoochie Coochie ». Il y a un clip, c’est sorti là, lundi, donc c’est tout récent. Il y a un petit buzz sympathique. J’ai plein d’autres sorties qui sont prévues déjà ; j’ai commencé un projet plutôt house/deep house qui s’appelle Rituel avec Thomas Regnault, que tu connais du coup !

— Oui ! Thomas si tu nous lis ! (N.D.L.R. : deuxième moitié du duo Loony Wise Men)

On organise tous les deux mois des soirées dans un gros bar du Marais à Paris, Le Yono. Le premier maxi de Rituel sort le mois prochain sur Micronautics. Ensuite le troisième maxi prévu sur Micronautics nouvelle formule, ce sont les remixes de « Hoochie Coochie ». Donc là y a un remix par Error 404, des mecs qui font du hip-hop électronique, qui font pas mal de sons, d’instrus, pour que des gars posent des voix dessus. Il y a un remix par Crash Override, un jeune DJ parisien qui prépare un maxi pour Lot49, un label anglais. Il y a un remix par D-R-U-N-K, qui est la moitié de MOTOR — c’est une espèce de combo techno/électro techno qui marche vachement bien en Angleterre et en Allemagne. Ils ont fait pleins d’albums déjà, sur NovaMute, sur Dim Mak, sur Shitkatapult… Là ils sortent un album sur CLR, tu sais le label de… C’est un gros label techno allemand, comment il s’appelle le boss, c’est un DJ hyper connu, et là j’ai pas son nom en tête… C’est euh… Putain c’est un énorme DJ, comment il s’appelle ce con ? Ahhh, en plus CLR c’est les initiales de son nom (N.D.L.R., après coup, il s’agissait de Chris Liebing, fondateur du label… Chris Liebing Recordings !). Ah putain je suis très mauvais pour me rappeler des noms au moment où il faut que je m’en souvienne (rires). Enfin bon bref, il a fait un remix qui est super bien et il y a Thomas aussi qui a fait un remix sous le nom de Dew Town Mayor, son projet solo plus minimal transe, techno. Il a fait un remix hyper bien. Ensuite, 4e maxi, j’espère avant l’été si on a le temps de le finir, encore avec Thomas. Ça sera The Micronauts versus Dew Town Mayor, un maxi techno. Puis après, à la rentrée, un autre Rituel et après des maxis de Micronauts en solo. Un programme chargé !

— T’as une actu de ouf ! Là t’as quasiment tout calé pour 2012 ! T’arrive à t’y retrouver dans tout ça ?

Moi oui. Par contre je ne suis pas sûr que le public comprenne toujours parce que c’est vrai que les musiciens de nos jours, du moins dans la musique électronique, ont tendance à vraiment se concentrer sur un style particulier. Même les labels ont vraiment un genre très particulier, jusqu’à ce qu’ils évoluent, mais enfin bon…

— Ils ont leur patte et s’en détachent pas forcément.

Ouais voilà et moi j’ai toujours aimé plein de styles différents, j’ai toujours été éclectique donc je ne me suis jamais vraiment retrouvé là-dedans. C’est un peu chiant. D’un point de vue « marketing » ce n’est pas ce qu’il y a de plus efficace, mais voilà c’est comme ça que je suis, donc… J’ai pas envie de changer. J’aime bien les mélanges. Sur Micronautics il y aura peut-être même un peu de dubstep (l’air malicieux).

— Tout est possible !

Tout est possible ! (rires)

— C’est vrai qu’on a du mal à s’y retrouver, t’as fait tellement de choses différentes. J’ai l’impression que t’es un peu un « activiste » de la musique. Le côté marketing, il a pas l’air de te plaire ou même de t’intéresser ?

Ouais… C’est vrai. Écoute, on est comme on est. Je pense que les gens qui font de la bonne musique commerciale, qui marche, ils aiment ça. Moi il se trouve que je n’aime pas. J’y peux rien. Je fais la musique que j’aime, je vois pas comment on peut « bien » faire une musique qu’on n’aime pas. La question ne se pose pas en fait. Je suis comme ça ! Je suis né comme ça !

— On a rencontré Arnaud Rebotini il n’y a pas longtemps. Il nous disait « si t’es un musicien honnête dans ta musique on retrouve toutes tes influences ». C’est le cas pour toi ?

Probablement. C’est peut-être pour ça que c’est si éclectique et que les gens ne s’y retrouvent pas. Ouais sans doute.

— Parce que tu écoutes de tout ?

Non ! Depuis 1988 je n’écoute que de la musique électronique. Mais avant effectivement j’écoutais de tout (rires). Mais maintenant ce n’est plus la peine parce que tout est dans la musique électronique.

— Ohhhh…

Bon, c’est un peu une provoc !

— C’est un peu une provoc mais ça se discute ! La musique électronique aujourd’hui tu la vois comment justement ? Par rapport aux années 90 où il fallait grappiller des cassettes à droite à gauche ou même traverser la manche et l’atlantique pour ramener des vinyles, et aujourd’hui où t’as une heure de mix par jour et par label qui est mis sur le net ?

Moi j’ai l’impression qu’il est plus facile maintenant de trouver de la bonne musique. C’est bien mais en même temps bon… La bonne musique on la trouvait quand même avant. Il y a une différence formelle mais dans le fond c’est pareil. Je ne suis même pas sûr qu’il y ait plus de production maintenant qu’avant tu sais. Tout le temps il y avait des mecs qui venaient te voir qui te disaient « putain là en ce moment c’est incroyable il n’y a jamais eu autant de trucs qui sont sortis » pendant les années 90. Je pense vraiment qu’il faut faire confiance aux trois filtres : théoriquement il y a les directeurs artistiques, il y a les critiques musicaux, donc les journalistes, et il y a les DJs qui doivent filtrer la musique. S’ils font bien leur boulot on n’a pas 1 h 30 de musique par jour on a… Enfin… Y en a moins quoi…

— Est-ce que c’est parce qu’on a des gens qui font mal leur boulot d’un côté que de l’autre on a une prolifération de productions ?

Écoute, il y a des gens qui font bien leur boulot après c’est au public de repérer les gens qui sont crédibles, les gens dont la parole est crédible. C’est pour gagner du temps, pour aller directement aux trucs intéressants. Oui c’est vrai il y en a qui ne font pas bien leur boulot mais il y en a qui le font donc… Moi je trouve plus facilement de la bonne musique qu’avant. Il suffit d’aller sur Beatport et tu peux écouter deux minutes de tout ce qui sort. Après faut aller directement au truc susceptible de t’intéresser. Il y a certains journalistes, certains DJs, certains labels en qui tu as plus confiance, donc tu vas en priorité vers eux. Après tu sais comment ça marche, il y a des têtes, des gens que tu repères…

— Puis que tu suis…

Ouais je pense qu’il ne faut pas hésiter à écouter les sélections aussi, et pas que les sélections des DJs d’ailleurs. Parce que souvent dans les sélections des DJs il y a une espèce de pose, ils veulent absolument mettre des morceaux récents, les sorties de la semaine ou des morceaux pas encore sortis… Mais il y a quand même moyen d’aller directement à la bonne musique je trouve.

— Ça se ressent ou pas dans le public ça ?

(Long silence) C’est une bonne question ! Disons… Tu dis ça part rapport aux années 90 ouais ? Faut bien comprendre qu’au début des années 90 on n’était pas nombreux, c’était un peu la guerre. C’était un peu un combat. Fallait imposer cette musique, on était un peu rejeté de partout. En tout cas, en France. Donc le public était déjà un peu choisi dans le sens où les gens étaient un peu…

— Initiés ?

Oui un peu initiés ; et le fait d’aimer cette musique impliquait déjà d’être contre un certain mainstream et d’accepter d’être rejeté. Il fallait une certaine force de caractère ou en tout cas un certain type de caractère. Il n’y a plus cet enjeu-là maintenant, et tant mieux hein ! Écoute ouais, finalement les gens ils arrivent à se tenir au courant, je crois, y a pas à chier. Ouais ! Et puis tu sais les gens qui entendent la musique ils arrivent facilement à repérer quels sont les bons morceaux et quels sont les mauvais.

— Il suffit d’être sensible finalement et ça roule tout seul ?

Ouais voilà. Ouais ouais.

— Au niveau production, toi, ça se passe comment ? Parce que sur scène c’est un DJ set, mais c’est pas la même chose…

Bah moi je suis musicien à la base je ne suis pas DJ. Le DJing est venu parce qu’à un moment on m’a demandé de l’être. J’avais déjà sorti plein de maxis en Angleterre, ça commençait à marcher et à un moment en 97 ou 98, quelqu’un pour la première fois me dit « ouais tu voudrais pas venir jouer en DJ… » Et j’ai toujours détesté faire des concerts. Même avant quand j’étais vraiment un gamin je faisais des concerts de rock, c’était du rock électronique, techno pop on disait à l’époque mais c’était pas de la techno. Maintenant on dirait synth pop ? Ou comment ils disent ? Enfin bon… Je détestais être sur scène. Ce qui me plaisait c’était d’être dans le studio, de composer, de créer de la nouvelle musique, des nouveaux sons. C’est ça qui me plaît en fait. Et puis donc on m’a demandé d’être DJ et à ma grande surprise, en jouant mes propres morceaux, j’ai vu des gens danser dessus. Ça a été un peu comme une révélation, je me suis dit : « mais en fait c’est super cool, c’est bien d’être DJ ». Et voilà c’est comme ça que je le suis devenu et c’est vrai je trouve ça bien, c’est agréable ! Ça permet de faire la fête, d’écouter de la nouvelle musique… Parce que ce que je trouve chiant dans les concerts c’est que quelque part tu enchaînes les concerts tous les jours et tu joues toujours les mêmes morceaux. Je trouve ça horrible, c’est genre j’en peux plus à la fin ! Alors que quand tu es DJ, tu peux jouer les nouveautés. Tu as un nouveau disque dans la journée, tu le joues ! En fait tu écoutes de la nouvelle musique en permanence ! C’est super ! C’est la manière moderne d’apporter la musique aux gens. Voilà. Le DJ set, je pense que ça doit remplacer le concert !

— C’est de la provoc là encore ?

Ouais ! Je ne suis pas sûr que ce soit la direction qu’on prenne mais… En fait la musique a atteint un tel niveau de technicité que sur scène, ce que tu donnes c’est une version amoindrie de ta musique. Une version moins bien. En fait, la bonne version de ta musique elle est… Enregistrée. J’allais dire sur disque mais même pas, c’est un fichier. Théoriquement, si tu as bien fait ton boulot de créateur, la meilleure version c’est celle que tu as enregistrée et à un moment tu t’es dit « bon OK maintenant j’arrête de bosser dessus parce que c’est fini, j’ai porté le plus loin possible le morceau, maintenant si je le change ça sera moins bien, ça ne sera pas mieux ». Donc pourquoi essayer de le refaire sur scène ? C’est bon, on l’a !

— Mais sur scène t’as la liberté d’improviser, de jouer la musique comme tu la sens !

Oui mais en studio j’improvise aussi ! C’est bien d’improviser ! Mais après il faut sélectionner. Prends un concert de jazz, pure impro… Ouais il y a peut-être 10 minutes supers sur les 3 heures de concerts ! Et sinon le reste… 2 h 50 juste tu te fais chier ! Donc voilà autant garder ces 10 minutes super et puis garder encore 10 minutes super d’un autre jour ! Et puis quand tu es DJ, tu improvises un peu aussi. Tu sais pas quel morceau tu vas mettre après, c’est en fonction de la réaction des gens. C’est du live aussi. Le DJ, simplement, au lieu de jouer avec des instruments ou avec des sons, joue avec ce qu’on pourrait appeler des méta-sons, c’est-à-dire des sons composés d’autres sons. Des morceaux en fait ! Tu ne les joues pas forcément en entier, tout ça. Il y a une part d’improvisation dans le DJing. Cela dit je comprends ce que tu veux dire. C’est vrai que ça serait mortel… Il y a des moments où je suis en état de grâce dans le studio et je me dis « ça serait trop bien s’il y avait un public, parce que là je pense qu’il pourrait kiffer ». Mais d’une part, c’est rare et puis c’est un petit moment. Le reste du temps, c’est un peu comme voler le temps du public, les moments où ce n’est pas intéressant. Donc autant ne donner que le meilleur ! Mais bon c’est un peu théorique tout ça, je suis d’accord !

— Et à ce moment-là le DJ est un vrai filtre puisque c’est lui qui choisit le meilleur !

Oui. Oui, oui.

— Dis-moi si je me trompe mais j’ai l’impression que la musique électronique n’a pas les mêmes bases que la musique « jouée » au sens classique du terme. Dans le rock ou le blues, c’est l’enchaînement des notes qui importe, la guitare garde peu ou prou le même son. Alors que dans la musique électronique, trois notes suffisent, ce qui va être important c’est la texture du son de ces trois notes et c’est ce qui va être mis en avant.

Le timbre. Ouais. Si on quitte la musique « populaire » et qu’on s’intéresse à ce que qui se passe dans ce que certains appellent la musique « savante », c’est-à-dire la musique de tradition classique : les compositeurs ont conquis une nouvelle frontière, celle du timbre. Jusqu’au début du XXe siècle les compositeurs utilisaient les instruments qui étaient disponibles, inventés par les luthiers. Donc, ils faisaient un arrangement en prenant les sons, comme ça, sur lesquels ils n’avaient pas énormément de contrôle. En fait pendant tout le XXe siècle, grâce à la technologie, à l’électricité, l’électronique, etc. Les compositeurs ont commencé à pouvoir aussi prendre le contrôle du timbre. Non seulement ils avaient le contrôle de la mélodie et de l’harmonie, mais ils obtiennent aussi le contrôle du timbre. Et ils se sont mis à composer avec les timbres. La musique électronique c’est juste toute cette avant-garde qui s’est un petit peu diffusée, et la technologie qui a évolué, ce qui fait que c’est beaucoup plus accessible maintenant, effectivement, d’agir sur le timbre. C’est une évolution logique en fait.

— Quand tu dis accessible tu penses aux logiciels de MAO ?

Oui. Enfin, avant les logiciels il y avait déjà les synthés ! C’était plus accessible que pour les compositeurs classiques qui travaillaient dans des laboratoires avec un équipement hors de prix, en général payé par l’université ou par l’état… En France, tu avais l’INA qui était financé par l’État. C’était des fonctionnaires qui étaient payés, tu vois ? Avec des ordinateurs, c’étaient les balbutiements, avec des magnétophones à bande multipistes, c’étaient les premiers, ça coûtait une blinde… Enfin voilà c’était un travail de laboratoire ! À partir des années 60, il y a les premiers synthétiseurs un peu accessibles qui apparaissent. Il faut alors quand même un peu d’argent, mais les prix baissent et dès les années 80, les synthétiseurs sont tout à fait accessibles. Ils envahissent même le rock (en tout cas en Europe).

— Il y a beaucoup de ces machines qui sont devenues mythiques avec le temps, la TB-303, TR-909 etc. Mais aujourd’hui c’est quoi la nouvelle génération d’instruments électroniques ?

Écoute, c’est compliqué parce qu’on n’a pas de recul. Mais c’est intéressant à analyser. Tu as cité la 303 et la 909. C’est particulier. En fait, ces machines ont surtout un caractère très particulier. La TB-303 ce n’est pas un synthé qui permet de reproduire euh… Au départ, les tout premiers synthés, le but des concepteurs de synthés c’était d’imiter les sons d’instruments réels. La TB-303, ça n’imite rien du tout, ça ressemble à une TB-303 et à rien d’autre. La 909 c’est censée être une boîte à rythmes qui imite une batterie. Ça ne ressemble pas à une batterie ! (rires) Franchement je ne connais pas de batterie qui sonne comme ça ! Ce sont des instruments qui ont vraiment un caractère très fort. Alors ouais, il y a plein d’instruments, avec un caractère très fort, qui sont sortis et qui ne sont pas forcément aussi connus que ceux-là. Et ça continue ; il y a des choses fabuleuses qui sortent encore maintenant. Même en plug-in (N.D.L.R. pour les logiciels de MAO) ! Mais qui sont peut-être noyés dans la masse, qui ne sont pas forcément mis en-avant. En fait, bon là c’est peut-être un peu technique, j’ai l’impression qu’il y a une espèce de révolution dans la « lutherie ». Dans la lutherie électronique, à la fin des années 90, tout est devenu virtuel. Donc on s’est mis à modéliser et à tout mettre dans l’ordinateur. Le problème c’est que les gens qui ont fait ça, sont des gens dont les goûts musicaux n’étaient pas du tout tournés vers les années 90 mais plutôt les années 70 et 80. En fait, ils ont essayé de modéliser la manière de faire de la musique des années 70 et 80.

— C’est-à-dire la « manière » de faire de la musique ?

Bah, le paradigme c’est que la musique ça s’enregistre. C’est-à-dire qu’on joue des parties instrumentales qu’on enregistre, ensuite on les mixe. Et un synthé, ça doit être un synthé analogique avec une synthèse soustractive. Alors que dans les années 90, il y avait du hardware qui sortait qui allait beaucoup plus loin que ça. Il y avait des synthés numériques déjà, c’était du hardware mais numérique. Tu avais de la synthèse additive, tu avais de la modélisation physique… Et puis tout était toujours live. C’est-à-dire que tu avais un morceau qui tournait mais tu n’enregistrais rien. C’était un anneau MIDI qui tournait en live et tu programmais ton séquenceur. Jusqu’au dernier moment, jusqu’à la prise finale quand tu appuyais sur le bouton d’enregistrement d’un magnétophone stéréo, tu pouvais tout modifier. Ce n’est pas forcément quelque chose qui est possible de nos jours parce que ce n’est pas le paradigme qui a été développé. C’est un peu compliqué de faire ça, les ordinateurs ne suivent pas, il y a des problèmes de latence… Ce n’est pas du temps réel, quand tu veux modifier un réglage, ce n’est pas instantané. À la limite si tu veux vraiment bien modifier le truc, tu es obligé d’arrêter le son puis de modifier le réglage. Sinon l’ordinateur ne suit pas, ça galère… Je sais pas…

— Du coup, tu bosses qu’en hardware toi ?

Non pas du tout, parce que tu as des sons maintenant que tu ne peux vraiment pas obtenir autrement. Les nouveaux sons, ils sont dans l’ordinateur, ils ne sont pas dans le hardware, faut pas rêver. Mais c’est chiant quoi, je pense qu’il y a encore beaucoup beaucoup de progrès à faire au niveau de l’ergonomie, de l’interface, du temps réel… Mais bon, c’est l’avenir. Je sais qu’il y a plein de gens qui pensent que… Enfin je sais pas. J’en sais rien. Il faut mélanger les deux je crois (N.D.L.R., hardware et logiciels) ! Mais c’est vrai que j’ai tendance à tout faire dans l’ordi. Tu obtiens des sons que tu ne peux pas obtenir autrement.

— Une meilleure précision ?

Ouais, au niveau de la qualité aussi je pense. Je pense qu’il y a encore trois ans, tu pouvais dire que tu avais un meilleur son en analogique. Maintenant je ne suis pas sûr que tu puisses encore dire ça.

Titre d’un artiste qui pourrait te représenter toi ou ta musique :

Acid Tracks – Phuture

Ah j’ai déjà dit ça la dernière fois ?! Putain j’en étais sûr. En même temps je ne vois pas quel autre morceau je peux citer !

Lire cet article sur son site d’origine

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s