Demain l’écologie de combat

29/09/2010

Hervé Kempf dans Le Monde daté du mercredi 29 septembre 2010 :

Il paraît que Cancun est une station balnéaire. Ça tombe bien : pendant les pauses, les négociateurs qui doivent s’y retrouver, en décembre, pourront aller faire des pâtés de sable, bâtir des châteaux qu’emporteront les marées, dessiner des plans magnifiques qu’effaceront les vagues. De quoi vont-ils discuter, au fait ? Du climat. On l’oubliait, celui-là, dans le tohu-bohu de l’actualité. C’est que le processus de discussion est durablement enlisé : la porte ouverte, en 1992, lors du Sommet de la Terre, avec l’adoption de la Convention sur le changement climatique, élargie en 1997 avec le protocole de Kyoto, s’est brutalement refermée, fin 2008, avec l’échec de Copenhague. Depuis, Barack Obama a échoué à faire adopter une loi sur le climat, et les États-Unis sont aux abonnés absents. Les Européens sont moins mobilisés que jamais, anxieux du chômage et de la compétitivité. Les Chinois développent à toute vapeur leur industrie des énergies renouvelables sans prévoir de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre avant une vingtaine d’années. Et le chroniqueur écologie d’outre-Manche, George Monbiot, de se désoler : « Le processus est mort », la négociation climatique est perdue dans les limbes, à l’image de celle sur le commerce international.

Fin du film ? Non. Les négociations sur le commerce et sur le climat diffèrent fondamentalement : celle-ci a échoué à cause des gouvernants, incapables de s’entendre, tandis que celle-là a été bloquée par un mouvement populaire, l’altermondialisme. Or s’il est utile de stopper la libéralisation des échanges, les peuples n’ont aucun intérêt à abandonner l’exigence climatique. Car le changement climatique se poursuit inexorablement et, plus on tardera à établir une coordination internationale pour l’enrayer, plus les conséquences en seront dommageables.

Aux États-Unis, Greenpeace, le Réseau pour l’action sur les forêts tropicales et l’écologiste Bill McKibben ont lancé un appel à « l’action directe “non-violente” ». « Nous sommes face aux industries les plus puissantes et les plus profitables du monde, écrivent-ils, nous ne les vaincrons pas en étant gentils. » Se référant aux mouvements civiques passés, ils affirment qu’« un moyen de communiquer efficacement au public et aux décideurs l’importance de la crise est de s’impliquer physiquement ». On avait observé à Copenhague l’émergence d’un mouvement citoyen pour la justice climatique. Lui seul peut maintenant faire pencher la balance dans le bon sens. En France, contre les OGM, les faucheurs volontaires ont naguère montré l’exemple d’une lutte efficace. Les citoyens du climat pourraient s’en inspirer.

Lire cet article sur son site d’origine

Sélection d’articles sur le même sujet

One Response to “Demain l’écologie de combat”


  1. […] This post was mentioned on Twitter by Forum Ecolo, Christophe Monier. Christophe Monier said: Demain l’écologie de combat: http://wp.me/pNUFS-pl […]

    Like


Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s