Trax – Festivals – Souvenirs et anecdotes

06/07/2010

Édouard Rostand, le rédac-chef de Trax, m’a demandé quelques souvenirs et anecdotes pour leur dossier festivals, dans le nº 136 (juin 2010) et sur leur site. Voici mes réponses dans leur intégralité :

— Petit questionnaire pour le dossier festival : quel est votre meilleur souvenir de festival d’été ?

Les festivs d’été sont souvent de bons souvenirs. Il fait beau, on est en plein air, dans la nature, tout le monde est détendu ; des conditions idéales pour faire la fête. S’il faut choisir : les Électros d’Uzès en août 2008. On est au milieu de la vieille ville qui est magnifique, au pied d’une vielle église, avec l’odeur des pins. Il fait doux et je joue en premier, le soleil commençant à peine à se coucher. Les gens arrivent en masse dès l’ouverture des portes, j’ai deux bonnes heures pour les faire entrer dans la transe et lancer ainsi la soirée. Après moi il y a Tekel, John Lord Fonda et Vitalic, une affiche de grande classe destinée à se terminer en apothéose techno. D’habitude on me fait plutôt jouer au milieu ou en fin de soirée et du coup il y a plein de disques que j’adore que je ne peux pas placer. Mais là je peux vraiment me faire plaisir, en commençant doucement avant de faire monter la sauce petit à petit, en dégainant quelques perles house oubliées, en les mélangeant à des nouveautés minimales de différentes obédiences, puis en incorporant des sons de plus en plus maximalistes et techno. Le public réagit tout de suite, les sourires s’inscrivent sur les visages pour ne plus les quitter de la soirée. L’espace d’une nuit nous touchons du doigt l’utopie house des premières raves, cette communion païenne devenue si difficile à atteindre. On termine en bande sous les étoiles, à errer entre les vieilles pierres, en état d’apesanteur chimique et alcoolisée.

— Et votre pire galère ?

Un festival au milieu de nulle part en Suède, il y a très longtemps. Je joue en live avec Impulsion. Le festiv est organisé par des disciples du mouvement straight edge : pas d’alcool, pas de drogue. Impossible de trouver ne serait-ce qu’un bout de joint. La bouffe est vraiment dég, à base de pain carré, de fromage sous cellophane et de fruits pas mûrs. On dort dans une sorte de village vacances désert, sans le moindre bar ou restau en vue. Le temps est grisâtre et déprimant. À cause des billets d’avion on est coincé là pendant 3 jours, avec vraiment rien à faire de la journée sinon compter les heures. Finalement le 2e jour on arrive à trouver un run pour Göteborg, la plus grande ville du pays après Stockholm. On tente en partant d’offrir nos fruits en rab à nos voisins, un groupe de rock local, mais ceux-ci en phase avec l’ambiance nous ignorent et refusent de nous adresser la parole. On arrive à la ville et manque de bol c’est samedi, tout est fermé dès midi ! La ville semble vidée de ses habitants. On arrive bien à dénicher quelques pauvres terrasses mais il y a du vent et on a froid. Tout semble laid et triste. On tombe sur un des rares restos, il n’y a que des plats de pâtes à la carte, trop cuites, collantes, insipides, comme des gâteaux de régime sans gluten. Malgré tout le bien qu’on m’a dit de Stockholm, je n’ai jamais eu envie de retourner en Suède…

— Quel est votre festival d’été préféré, et pourquoi ?

Dur, il y en a tellement que je n’ai pas fait… Pour l’instant, Astropolis pour sa fidélité avec l’esprit des raves à la mode de Bretagne. Une zone d’autonomie temporaire dans un immense champ autour d’un château en ruine, de la boue jusqu’aux genoux, du gros son électronique et éclectique, des smiles partout.

— Une anecdote sur un festival d’été ?

Lors d’un concert dans un festiv en Bretagne l’été dernier, le praticable sur lequel sont posées mes machines commence à s’affaisser 5 minutes après le début. Je suis obligé de rattraper mon matos pour l’empêcher de glisser par terre, tout en continuant à jouer. Des techos interviennent, tentent de rétablir l’équilibre et de sécuriser l’ensemble… Sans succès. Et je passe tout le concert comme ça, les machines glissant, moi les rattrapant, les techniciens redressant le tout, en boucle jusqu’à la fin ! Ça n’a pas été un mauvais concert du reste, le public était à fond et l’ambiance survoltée, notamment grâce au puissant concert de Poni Hoax juste avant, mais l’effet comique devait être certain.

— Quel artiste attendez-vous de découvrir en live cet été sur un festival ?

Paris (le groupe originel de Nicolas Ker).

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