Comment les logiciels de mix font évoluer la pratique du DJing

26/12/2011

Cyril Colom (Makingsound) dans Trax nº 151, décembre-janvier 2012 :

[…] Certains rétorqueront […] que synchroniser des morceaux en appuyant sur un bouton n’est pas digne d’un DJ. Ça serait « trop facile ». Comme si savoir mixer au BPM était fondamental. En vérité, c’est surtout un problème d’ego car, jusqu’à présent, savoir mixer au BPM était la première barrière technique à passer pour espérer faire partie du club. Et voilà que des logiciels brisent cette barrière… Ceux qui ont travaillé dur pour gagner leur carte de membre n’ont pas vraiment envie de redescendre de leur piédestal. Si un logiciel permet à n’importe qui de synchroniser deux morceaux en appuyant sur un bouton, il semblerait logique que ce n’importe qui puisse s’improviser DJ. Vraiment ?

Mixer au BPM n’est qu’une technique qui s’apprend en quelques semaines. Elle n’est qu’une facette, certes ludique, mais anecdotique du réel travail d’un DJ. Car ce qui différencie un pro d’un amateur réside plutôt dans sa capacité à raconter une histoire avec des disques, trouver les bons enchaînements, construire une ambiance et tenir un dancefloor en haleine. Et ça, aucun logiciel n’en sera jamais capable. Réussir à synchroniser deux morceaux n’a donc rien à voir avec le talent, on peut donc sereinement écarter cette variable de l’équation pour se concentrer sur le plus important : la musique.

Déléguer la synchronisation à un logiciel libère du temps de cerveau disponible pour travailler sur la construction de son set. Surveiller constamment les pitchs, être esclave de la durée d’un vinyle et ne pas pouvoir créer de boucle pour faire durer un passage intéressant sont des contraintes parasites inutiles. Les platines CD ? Déjà has-been. Aujourd’hui, ce sont Traktor, Serato et Live (d’Ableton) qui redéfinissent véritablement la pratique du DJing [sans oublier Cross, Mixxx (gratuit et open source), Torq, UltraMixer ou le pionnier français Virtual DJ].

Les musiques électroniques évoluent avec les nouvelles technologies. […] Si Live nécessite un travail en amont pour assurer ce type de set sur scène, Traktor et les logiciels de Serato permettent de le réaliser en temps réel. Multiplier les couches sonores, isoler le pied d’un morceau, le mélanger à la caisse claire d’un autre, y ajouter une pincée d’échantillon filtré, combiner le tout avec des effets tout en gérant les égaliseurs, le DJ moderne est partout à la fois.

Pour les vétérans qui veulent évoluer dans leur pratique, mixer des vinyles ne représente plus aucun challenge aujourd’hui. Les DJs nouvelle génération continuent de raconter des histoires mais ils ont désormais accès à un plus grand nombre de sources sonores. En explosant la structure des morceaux, Traktor, Serato et Live permettent de manipuler leurs plus petits éléments communs pour en construire un nouveau totalement inédit. Et tout cela en temps réel. Encore faut-il avoir le talent nécessaire pour que tout ceci ait du sens…

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One Response to “Comment les logiciels de mix font évoluer la pratique du DJing”


  1. Article très intéressant avec le nom des logiciels utilisés (apparemment ) Il ne manque plus que le logiciel “TALENT 3.1″ et tout le monde va être rincé 2000 boules le set et faire la couv’ de TSUGI…). Pour info, un texte d’intention sur une installation faite dans une galerie en 1998 : “DJ Intouchable” ….

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